Conférence internationale Du 23 au 25 novembre 2003 Montréal (Québec) Canada
Rapport de synthèse (version pdf)
Projet du PRPLe Capital comme instrument de politiques publiques
L'intégration des immigrants et la gestion de la diversité sont une préoccupation politique clé, tant pour le Canada que pour la plupart des autres pays membres de l'OCDE, et elle le demeurera tout au long du XXIe siècle. Au sein de l'OCDE, les immigrants proviennent d'une gamme plus diversifiée de pays, apportant avec eux une multitude de langues, de cultures et de religions. Les décideurs continuent d'être confrontés aux possibilités et aux défis inhérents à la nécessité d'assurer la bonne intégration des immigrants et des membres de toutes les communautés ethnoculturelles. Certes, l'intégration des immigrants et la gestion de la diversité suscitent un intérêt soutenu parmi les chercheurs et les décideurs, mais ce n'est que récemment qu'ils se sont penchés sur le rôle possible de facilitation ou d'entrave que pourrait jouer le capital social à cet égard. À une époque où l'on soulève des questions relativement aux difficultés croissantes dans le processus d'intégration des immigrants dans nombre de pays, dont le Canada, le fait de porter une attention au capital social pourrait accroître les choix en matière de politiques publiques pour résoudre ces questions.
Au-delà du capital physique et humain, l'idée selon laquelle nos réseaux sociaux peuvent constituer une autre forme de capital est au cœur de la question à l'étude; un capital qui peut être mis à profit. Les connaissances d'une personne sont importantes pour lui permettre de « s'en sortir » ou de « gravir les échelons ». Il en va de même pour les communautés qui ont développé des liens qui transcendent les divisions sociales : leur fonctionnement est plus efficace que celles qui sont très divisées.
La principale hypothèse sous-jacente à la conférence de Montréal soutient que les réseaux sociaux pourraient jouer un rôle clé dans le processus d'intégration des immigrants et la gestion de la diversité de manière générale.
Les immigrants provenant de divers pays qui s'établissent au Canada doivent surmonter un nombre incroyable de défis stressants. Ils doivent entre autres trouver un logement, se lancer dans une nouvelle carrière, apprendre à connaître les systèmes d'éducation, de soins de santé et juridiques, en plus de devoir s'adapter à un nouvel environnement culturel. En outre, les nouveaux arrivants doivent relever ces défis alors qu'ils ont laissé dans leur pays d'origine la majorité de leurs contacts sociaux. Quant aux collectivités et employeurs canadiens, ils éprouvent souvent des difficultés à rejoindre ces nouveaux immigrants afin de les aider à mettre en valeur leur potentiel. Il est difficile tant pour les nouveaux venus que pour les membres de la société hôte de nouer des relations efficaces.
L'établissement des immigrants ne signifie manifestement pas qu'ils se sont intégrés. Même après des générations d'immigration continue au Canada, l'inclusion sociale, économique et politique de tous les groupes ethnoculturels, dont de nombreuses communautés établies depuis longtemps, reste un défi important pour tous les ordres de gouvernement.
La perspective du capital social suscite quant à elle une série de questions : Quel est le rôle des réseaux sociaux dans l'intégration des immigrants et la gestion de la diversité? À quel point est-il difficile d'établir des réseaux utiles et de les maintenir? Les nouveaux immigrants et les membres de la société hôte arrivent-ils à nouer des relations efficaces? Dans la négative, les gouvernements des pays membres de l'OCDE peuvent-ils favoriser davantage la création de telles connexions? Puisque les sociétés se diversifient culturellement, comment les gouvernements et les intervenants peuvent-ils créer des ponts permettant à tous leurs membres une pleine participation dans les sphères sociales, politiques et économiques?
Les thèmes abordés lors de la conférence étaient structurés de façon à établir le rôle du capital social dans la participation des nouveaux immigrants et des membres des diverses communautés à plusieurs niveaux. Afin de compléter les discussions tenues lors de la conférence, d'éminentes personnalités ont été invitées. Donald Johnston, secrétaire général de l'OCDE, a abordé les tendances en matière d'immigration dans les pays membres de l'OCDE, tandis que Robert Putnam, de l'Université Harvard, dont le discours s'intitulait Le capital social dans une société de diversité : Qui mise sur les liens d'attachement? Qui mise sur les liens entre les différentes couches sociales? a communiqué une partie des conclusions préliminaires de la Social Capital Community Benchmark Survey . En plus des sessions thématiques et des discours, un atelier préconférence d'une journée a été tenu afin de présenter les progrès dans la mesure du capital social ainsi que les nouvelles sources de données sur l'immigration, la diversité et le capital social.
Élaborée en consultation avec des spécialistes du domaine, chaque séance plénière consistait principalement en des exposés de responsables politiques, d'universitaires et de praticiens, suivis d'une période de questions. Des textes de réflexion préparés en vue de la conférence ont pu être consultés par les participants afin d'approfondir les discussions. Ces documents peuvent être consultés sur le site Web du PRP (<www.recherchepolitique.gc.ca>).
Jean-Pierre Voyer, directeur exécutif du PRP, a ouvert la conférence en soulignant l'expérience canadienne en termes d'intégration des immigrants et de gestion de la diversité. Bien que l'immigration soit devenue l'une des principales sources de croissance démographique et de la main d'oeuvre, la proportion de nouveaux immigrants à faibles revenus augmente et ce, malgré le fait que ces travailleurs sont de plus en plus qualifiés. M. Voyer a fait remarquer qu'à ce jour, le débat sur les politiques en matière de déterminants de l'intégration économique des nouveaux immigrants a surtout porté sur le rôle du capital humain : l'importance des compétences, des études et de l'acquisition des langues, ou encore la nécessité d'une meilleure reconnaissance des titres de compétences. Le récent déclin dans le rendement économique des nouveaux immigrants indique cependant qu'il est peut-être temps d'élargir l'analyse et d'étudier le rôle du capital social et des réseaux sociaux dans le processus d'intégration.
L'intégration réussie des immigrants n'est pas seulement une priorité canadienne; l'immigration et la diversité constituent aussi des questions clés au sein de pratiquement tous les pays membres de l'OCDE, en raison de la hausse de la migration entre les pays et de la diversité accrue qu'elle entraîne. C'est pourquoi l'OCDE a entrepris nombre d'études sur le processus d'intégration des immigrants. Celles-ci n'étaient toutefois pas axées spécifiquement sur le capital social. John Martin, coprésident de la conférence et directeur à l'OCDE, Direction de l'Emploi, du Travail et des Affaires Sociales a expliqué que, si le capital social s'avérait plus qu'une vague question théorique, il faudrait par contre clairement démontrer comment cette approche pouvait permettre de développer des politiques plus efficaces que celles qui s'appuient sur d'autres théories et concepts sociaux. Il pourrait être utile d'adapter l'approche du capital social à des questions politiques précises, comme l'intégration des immigrants et la gestion de la diversité.
À l'occasion de la séance d'ouverture de la conférence, on a cherché à établir un cadre clair pour la conceptualisation du capital social à des fins d'application en politique publique de manière générale, et en matière d'intégration et de diversité en particulier.
Jeff Frank, du PRP a d'abord présenté le cadre conceptuel développé par son équipe et fondé sur les réseaux sociaux. Ce cadre, qui cerne le concept de façon claire et simple autour de l'idée des réseaux sociaux, offre suffisamment de souplesse pour intégrer d'autres concepts importants étroitement liés aux réseaux, comme les normes, les valeurs et la confiance. Une définition restreinte du capital social évite le flou conceptuel qui nuit aux efforts d'application politique du concept.
Michael Woolcock, spécialiste des sciences sociales à la Banque mondiale, a offert un riche tableau des applications de l'approche du capital social en politiques publiques. M. Woolcock a insisté en particulier sur la nécessité d'étendre le concept au-delà de l'élaboration des politiques et des programmes et de s'intéresser aussi aux liens entre les différentes couches sociales (« linking ».) Il a notamment indiqué que la qualité des relations en « face-à-face » font partie intégrante de la prestation des services publics (par exemple l'enseignement, les soins de santé et les services policiers). Un participant à la conférence a souligné la similitude entre cette approche et les travaux précurseurs de Michael Lipsky sur les « bureaucrates de la rue ». M. Woolcock a également abordé les défis que doivent surmonter les personnes en situation de transition ou de conflit dans lesquelles se produit un changement d'identité difficile à la suite de la perte et du remplacement des réseaux de relations. Les services et le soutien d'agents externes peuvent jouer un rôle important dans ces transitions.
Xavier de Souza Briggs, de l'Université Harvard et du MIT, s'est voulu plus prudent quant à l'application du concept du capital social aux politiques publiques. Malgré des progrès importants réalisés récemment dans la recherche sur le capital social, on a acquis relativement peu de savoir « donnant lieu à une action ». Celà dit, M. Briggs a souligné l'intérêt de favoriser la création d'un « bon » capital social en faisant la promotion de la participation et de l'association aux organisations à l'échelle locale, là où il est possible de s'adresser aux intérêts de chacun à l'égard d'enjeux et de défis particuliers. Pour promouvoir la participation active des citoyens, il faut aller au-delà des cours traditionnels à la citoyenneté et accorder plus d'attention à l'acquisition de compétences « civiques » permettant de développer une capacité à résoudre les problèmes et de régler les différends collectivement.
L'exposé d'Howard Duncan, du Projet Metropolis, a essentiellement porté sur le capital social en tant que bien collectif issu des relations entre les membres d'une société, et entre ceux-ci et les institutions. Pour M. Duncan, le capital social est à la base même de la coopération, laquelle est le fondement de la prospérité et du mieux-être des sociétés, et par conséquent de la possibilité de vivre mieux. Il a expliqué qu'une plus grande inclusion sociale entraîne une augmentation du capital social, et qu'un capital social plus important mène à son tour à une prospérité accrue. Le rôle du gouvernement est d'assurer l'infrastructure et le financement nécessaires à la promotion de l'inclusion sociale à partir d'un cadre légal, de programmes de subventions et d'un soutien aux organismes locaux.
En tant que panéliste, David Halpern, de la Prime Minister's Strategy Unit (Royaume-Uni), a conclu que le concept du capital social devait être pris en considération de pair avec les autres formes de capital. Il a toutefois rappelé qu'il fallait savoir justifier solidement l'utilité du concept. Selon lui, le concept est maintenant suffisamment clair pour que les responsables des politiques publiques puissent identifier des applications stratégiques concrètes.
À la lumière du commentaire de Nurjehan Mawani (présidente de séance et conseillère principale sur la diversité auprès de la présidente, Centre canadien de gestion) à l'effet que le discours politique et théorique était passé du « pourquoi » au « comment » de la gestion de la diversité, la deuxième séance a porté sur les manières de surmonter les obstacles à la participation économique des groupes ethnoculturels et des immigrants.
Elizabeth Ruddick, de Citoyenneté et Immigration Canada (CIC), a présenté un aperçu des tendances préoccupantes qui se dessinent présentement en matière de rendement économique des nouveaux immigrants, notamment une baisse des revenus à l'arrivée, l'accroissement du niveau de pauvreté et l'écart de celui-ci par rapport aux Canadiens. Bien que l'on ait cerné un certain nombre de facteurs pouvant expliquer ces tendances, par exemple la diminution de la reconnaissance des titres de compétences, un changement dans les pays sources et la morosité du marché du travail des années 90, ces facteurs ne justifient qu'une partie du déclin du rendement économique chez les immigrants. Le capital social et le rôle des réseaux, associés à d'autres facteurs tels que la langue ou la sensibilisation des employeurs, sont fort probablement des éléments fondamentaux parmi les variables inconnues. Afin de renverser ces tendances, le processus de sélection des immigrants tient maintenant compte des réseaux de relations sociales (ou des liens qui peuvent potentiellement se développer à la suite d'un séjour au Canada).
L'analyse de la participation économique des immigrants au sein d'États providences nordiques, telle qu'abordée par Annika Forsander (Université de Helsinki), de même que les réflexions de Mouna Viprey (Institut de recherches économiques et sociales) à l'égard de la situation française face à l'intégration des immigrants, a permis de se questionner sur les avantages d'une politique multiculturelle afin de pallier la proportion croissante d'immigrants sans emploi. Le maintien d'une politique multiculturelle permet en effet de recourir explicitement aux avantages des liens d'attachement (« bonding »), ce qui favorise le partenariat avec les groupes ethniques tout en encourageant le développement des liens qui créent des ponts (« bridging ») et des liens entre les différentes couches sociales . Une telle approche est moins aisée dans des pays où le concept de citoyenneté est nationalisé et où l'on met l'accent sur le développement de liens d'attachement forts au sein de la population hôte, ce qui peut avoir la conséquence non voulue d'exclure les immigrants ou membres de groupes ethnoculturels.
Peter Li, professeur de sociologie à l'Université de la Saskatchewan, a mis en garde contre le danger de voir le capital social comme une solution infaillible aux problèmes d'intégration des immigrants et a présenté le côté sombre du capital social, notamment sa propension à exclure. Dans son exposé, M. Li a exploré diverses thèses de recherche relatives aux coûts et aux bénéfices possibles du capital social pour le bien-être économique des immigrants et des minorités. La plupart des études convergent quant au rôle que jouent les communautés ethnoculturelles riches en liens d'attachement utiles pour les perspectives d'emploi initiales des nouveaux immigrants. Il note toutefois des divergences de vues quant à savoir si les communautés ethnoculturelles sont un tremplin vers la réussite économique ou plutôt un piège dont quelques-uns seulement pourront aisément s'échapper. Selon la dynamique du capital social recherchée, les gouvernements et les intervenants pourraient choisir de poursuivre des orientations stratégiques très différentes.
Derek Hum (Université du Manitoba) a fait écho à cette double nature du capital social dans ses observations en tant que panéliste lorsqu'il a comparé le capital social au cholestérol – certaines formes sont néfastes tandis que d'autres peuvent être bénéfiques.
Selon Yvonne Hébert (Université de Calgary), les réseaux de relations que tissent les jeunes immigrants pendant leurs études, que ce soit avec les parents, la famille, les membres de leur communauté, les enseignants, les administrateurs ou les amis, fournissent un cadre d'interactions sociales qui façonne l'intégration des jeunes. Ces expériences relationnelles créent la base de leurs futurs modèles d'acquisition et d'utilisation du capital social en plus de contribuer positivement au rendement scolaire.
Des obstacles tels que la langue et le manque de familiarité avec le système d'éducation peuvent limiter l'implication des parents dans l'éducation de leurs enfants; la réponse des enseignants aux efforts que font les parents pour bâtir ces réseaux ont des conséquences importantes. Le soutien de la communauté, les attentes sociales et le niveau de participation, ainsi que l'importance accordée aux études et à l'éthique de travail par la communauté, ont aussi une incidence positive sur les résultats scolaires des jeunes immigrants. Du coup, les systèmes d'éducation qui favorisent le développement de relations entre les parents et les autres adultes permet l'adhérence à des normes et des valeurs communes, ce qui contribue à accroître les capacités des jeunes.
Pour les raisons mentionnées précédemment, on ne peut ignorer l'importance des jeunes dans les discussions sur le capital social. Cela dit, la recherche sur les jeunes est sous-représentée dans ce domaine. Comprendre comment les relations sociales à l'école, avec les amis et la famille et dans la communauté facilitent l'acquisition et l'utilisation de formes spécifiques de capital social pour les jeunes canadiens devrait être une priorité pour les chercheurs.
Tout au long de la conférence, plusieurs participants ont souligné l'importance des considérations communautaires dans la conception de toute politique ou de tout programme visant l'utilisation ou l'influence du capital social.
Brian Ray, du Migration Policy Institute, a insisté sur la nécessité d'assurer des ressources, du soutien et du capital financier de manière soutenu pour faciliter l'intégration et la pleine participation des communautés ethnoculturelles marginalisées. Néanmoins, il a soutenu qu'un bon capital social à la base peut aussi s'avérer indispensable à des progrès durables. Annick Germain (INRS-Urbanisation et Société) et Debbie Douglas (Ontario Council of Agencies Serving Immigrants) ont aussi reconnu l'énorme potentiel des réseaux sociaux, tout en soulignant que des stocks importants de capital social ne suffisent pas à eux seuls à garantir l'épanouissement d'une communauté. Même les groupes qui s'appuient sur de solides réseaux sociaux peuvent être incapables d'exploiter ce potentiel en raison d'autres obstacles systémiques.
Plusieurs conférenciers ont suggéré que les gouvernements pourraient offrir plus de souplesse, fournir une aide financière stable aux ONG et établir des partenariats avec des groupes communautaires et le secteur privé afin d'augmenter le rendement social du capital investi, tout en développant les liens entre les citoyens et l'État . Les participants ont mentionné l'intérêt de la recherche sur le développement économique communautaire à cet effet.
Dans son exposé, Jean Tillie, de l'Université d'Amsterdam, a insisté sur l'importance de tenir compte de la complémentarité entre les liens d'attachement et les liens qui créent des ponts . Contrairement à l'hypothèse voulant que les liens d'attachement nuisent à la création de liens qui créent des ponts , son étude tend à démontrer qu'une combinaison de liens d'attachement et de liens qui créent des ponts entre les groupes ethniques peut s'avérer nécessaire pour en arriver à une intégration politicosociale réussie.
La relation complexe entre les liens d'attachement et les liens qui créent des ponts , telle que présentée par M. Tillie ainsi que d'autres participants de la conférence, est clairement un sujet de recherche qui mérite d'être approfondi. Bien que la littérature reconnaisse l'incidence positive des liens d'attachement , une trop grande importance de ces derniers semble nuire à la capacité des immigrants à « gravir les échelons ». Les liens qui créent des ponts sont presque toujours bénéfiques, bien que plus difficiles à créer et à maintenir. La bonne combinaison de ces deux formes de capital social est souvent une alternative soit à l'une, soit à l'autre. Plusieurs exposés au cours de la conférence ont illustré comment les liens d'attachement peuvent servir de fondement au développement de liens qui créent des ponts ; c'est le cas notamment pour le développement communautaire. Une compréhension plus poussée des deux formes de capital social et de leur interaction est nécessaire.
Carolle Simard (Université du Québec à Montréal) a pour sa part souligné que les chercheurs qui s'intéressent au capital social négligent trop souvent l'importante question de l'intégration politique. Les programmes de recherche futurs devraient tenir compte de la dynamique de la participation politique pour mieux comprendre les raisons pour lesquelles certains groupes ethniques non majoritaires ont réussi à intégrer les institutions électorales, alors que d'autres en demeurent exclus. Cette disparité entre la capacité des groupes à recourir aux réseaux sociaux à des fins de gain politique, et le lien entre cette capacité et des questions plus larges, dont le racisme, la discrimination et les obstacles structuraux mériteraient aussi d'être approfondis, ce qu'ont aussi soutenu Raymond Breton (Université de Toronto) et Gurchand Singh (Home Office, Royaume-Uni).
Ratna Omidvar (Maytree Foundation) a insisté sur l'importance du rôle du gouvernement dans le soutien des initiatives à l'échelle locale, surtout pour soutenir le développement de liens qui créent des ponts et de liens entre les différentes couches sociales . L'élimination des obstacles systémiques à la participation sociale, économique et politique des immigrants sera sans aucun doute l'une des formes d'intervention les plus valables.
Jean Séguin, du ministère de la Citoyenneté et de l'immigration du Canada a démontré l'intérêt de plusieurs programmes visant à développer des liens qui créent des ponts , comme le Programme de jumelage avec des familles d'accueil canadiennes facilitant l'intégration des nouveaux arrivants. Il a aussi mentionné d'autres programmes parraînés par CIC, dont les cours de langue et le rôle des agents de liaison en matière de multiculturalisme qui font de la sensibilisation dans les écoles auprès de différents groupes ethniques.
Une préoccupation centrale exprimée au cours de cette séance portait sur la responsabilité des questions de capital social à l'échelle nationale et internationale. Selon John Helliwell (Université de la Colombie-Britannique) il serait préférable de développer des dossiers sectoriels compte tenu du large éventail de secteurs dans lesquels le capital social pourrait être utile : immigration, gestion de la diversité, urbanisme, santé, éducation et rendement économique. Il a par ailleurs ajouté qu'il est important de développer des indicateurs de capital social pour mesurer la réussite des interventions.
Un groupe de fonctionnaires principaux a été appelé à discuter des priorités en matière d'immigration et d'identifier tout rôle que pourrait y jouer le capital social. Ils ont aussi été invités à exprimer ce qu'ils pensaient des besoins relatifs à la recherche sur le capital social et l'immigration.
Selon les exposés, le capital social pourrait probablement être un outil important pour surmonter les limites actuelles des programmes et leur capacité d'intégration. La prestation des services des ministères fédéraux constitue l'un des domaines où le concept pourrait être particulièrement utile. On a par ailleurs souligné que le fait de mettre l'accent sur la jeunesse et l'éducation dans le cadre de la recherche sur le capital social, de même que se pencher sur la dynamique des réseaux, y compris l'interaction entre les liens d'attachement et les liens qui créent des ponts , sont des éléments d'une importance croissante qui devraient faire partie d'un programme de recherche appliquée.
L'intégration réussie des immigrants et la gestion de la diversité demeureront des questions clés à court terme pour le Canada qui s'est engagé à accueillir un grand nombre d'immigrants. La réduction de l'efficacité des processus d'intégration des immigrants s'avère donc de plus en plus inquiétante. En même temps, des données récentes confirment que les réseaux sociaux sont une ressource importante pour les immigrants. Les questions relatives à l'intégration et à la diversité sont par conséquent un terrain fertile pour les diverses applications pratiques de politiques liées au capital social. Il sera utile d'appuyer et d'accroître les efforts présents afin de recueillir des données sur le capital social, notamment à l'échelle locale.
Au Canada comme ailleurs dans le monde, de nouvelles enquêtes spécialisées sur l'immigration et la diversité ethnique produisent des données qui permettent de quantifier certains aspects du capital social. D'autres enquêtes mettent l'accent directement sur le capital social et explorent plus en profondeur ses principales dimensions. Dans tous les cas, il s'avère difficile de bien mesurer ce concept multidimensionnel et les efforts en ce sens sont assez récents et rarement guidés par les mêmes principes opérationnels. À l'échelle internationale, on cherche un consensus relativement aux indicateurs à privilégier d'un point de vue comparatif. La série d'ateliers pré-conférence proposait un survol des données et indicateurs qui constituent le fondement empirique de notre compréhension actuelle du capital social du point de vue de l'immigration et de la diversité.
Les représentants des gouvernements canadien et australien ont donné le ton à la journée en présentant leur enquête longitudinale respective sur les immigrants ainsi que quelques constats préliminaires sur l'utilisation des réseaux de soutien social par les nouveaux arrivants pour s'établir et s'intégrer dans le pays hôte. Neil Nevitte a pour sa part présenté les données produites dans le cadre de l' Enquête sur les valeurs mondiales , une enquête comparative internationale.
Après avoir présenté les diverses sources des données sur la diversité ethnique, les représentants du ministère du Patrimoine canadien et de Statistique Canada ont décrit l' Enquête sur la diversité ethnique comme étant la première enquête canadienne post-censitaire axée sur les questions de diversité. Dans le cadre de cette enquête, on posait aux répondants une série de questions, dont certaines sur les réseaux sociaux et la participation civique. Chris Atwood, du Home Office britannique, a quant à lui brossé le portrait des progrès réalisés en terme de collecte de données sur le capital social et la diversité ethnique au Royaume-Uni par le biais de la Home Office Citizenship Survey .
Une série de présentations ont également permis de faire connaître une variété de nouvelles sources de données sur le capital social, dont l' Enquête sociale générale : L'engagement social au Canada de Statistique Canada de même que l'Enquête sur l'égalité, la sécurité et les communautés menée par l'Université de la Colombie-Britannique. Tom Sander, de l'équipe du Saguaro Seminar: Civic Engagement in America, de l'Université Harvard, est venu présenter la Social Capital Community Benchmark Survey , l'enquête scientifique la plus importante jamais effectuée en Amérique du Nord sur l'engagement civique. À la suite des exposés sur l'Amérique du Nord, Alan Mackay, de l'Australian Bureau of Statistics, a discuté des différentes initiatives et sources de données australiennes. Enfin, Tom Healy, du Department of Education and Science, en Irlande, a présenté les sources de données européennes sur le même sujet.
Au cours de la dernière séance, Simon Field, de l'OCDE, a présenté les initiatives internationales relatives aux données sur le capital social. Maryanne Kelly a présenté l'approche du Office of National Statistics (Royaume Unis) pour la mesure du capital social. Elle a aussi abordé la question de l'élaboration de lignes directrices pour développer des indicateurs du capital social comparables à l'échelle internationale.
Meyer Burstein est expert-conseil de renommée internationale œuvrant dans le domaine des migrations et de l'intégration. Au cours de sa carrière au sein de la fonction publique canadienne, M. Burstein a cofondé Metropolis. M. Burstein a coprésidé le Comité directeur international de Metropolis et a été chef de direction de l'équipe canadienne du Projet Metropolis, qui fournit l'orientation stratégique générale pour ce Projet, tant à l'échelle nationale qu'internationale. De 1987 à 1995, M. Burstein a dirigé la Direction générale de la recherche et de l'analyse stratégiques au ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration. À ce titre, il était chargé de la gestion d'un programme global de recherche et d'analyse concernant des questions relatives à l'immigration et à la citoyenneté et de fournir des évaluations du renseignement stratégiques. Au cours de cette période, il a joué un rôle de premier plan dans l'élaboration des politiques d'immigration du gouvernement, en conseillant ce dernier , plus particulièrement en ce qui a trait aux aspects économiques du programme.
Contexte
Du 23 au 25 novembre 2003, des experts du Canada, des États-Unis, de l'Australie et de pays européens se sont réunis à Montréal dans le cadre d'une conférence sur le capital social. Cette conférence a été organisée par le Projet de recherche sur les politiques (PRP) et l'OCDE, avec la collaboration de divers ministères et organismes fédéraux. Pendant trois jours, des chercheurs du monde universitaire et du secteur public, des responsables de politiques et des praticiens se sont penchés sur le concept de capital social, les méthodes permettant de le mesurer, ses causes et ses effets et son utilité comme instrument de gestion publique de l'immigration et de la diversité.
La conférence de novembre n'a pas été un événement isolé. Elle représente plutôt une étape importante de l'évolution du programme sur le capital social du PRP, programme dont les racines intellectuelles remontent à une conférence tenue il y a trois ans et parrainée par l'OCDE et Développement des ressources humaines Canada. Depuis, plusieurs autres rencontres importantes parrainées par le PRP ont eu lieu et un programme de recherche horizontal a été établi pour étudier les questions de capital social.
Le Canada n'est pas le seul pays où l'on s'intéresse à ces questions. Beaucoup d'autres pays, ainsi que d'importantes organisations internationales comme la Banque mondiale et l'OCDE, ont élaboré des projets d'envergure qui témoignent de l'intérêt grandissant que suscite le capital social. Les ouvrages d'universitaires sur le sujet se multiplient à un rythme vertigineux et, de plus en plus, les idées soulevées dans les cercles de la recherche sont reprises et débattues dans divers milieux où s'élaborent les politiques gouvernementales. Fait à noter, si le capital social retient de plus en plus l'attention, c'est aussi à cause de l'accroissement tout aussi important du volume et de la qualité des données sur le thème. Il convient de signaler en particulier que d'importantes nouvelles enquêtes fondées sur des questions très pointues ont récemment été élaborées et certain résultats commencent à être diffusés.
Comme cela se produit presque inévitablement lors de la phase d'expansion initiale d'une innovation, les choses n'ont pas évolué de façon ordonnée. On a mis de l'avant des tas d'idées qui, bien qu'elles soient toutes liées à la notion de capital social, tantôt s'entrecoupent, tantôt s'opposent. Ces idées reflètent une multitude d'approches disciplinaires, font appel à toute une gamme de processus comportementaux et cherchent à expliquer un éventail de phénomènes sociaux, culturels, économiques et politiques. Cette pluralité de vues et conceptions sur le capital social a été l'un des traits dominants de la conférence de novembre.
Comme il fallait s'y attendre, l'enthousiasme suscité par le capital social est également à l'origine d'une certaine confusion. On a confondu effets et causes, les phénomènes macro et micro ont été présentés pêle-mêle et certains acquis intellectuels ont été manipulés et rebaptisés. D'où certains plaidoyers en faveur d'une plus grande rigueur et d'une certaine parcimonie destinés à faciliter les efforts d'analyse et de mesure scientifique. Le défi consistera à établir cette méta-discipline sans pour autant étouffer le bouillonnement intellectuel ou limiter indûment le champ d'application politique de la notion de capital social. On a tenté de relever ce défi lors de la conférence de novembre.
Selon Jean-Pierre Voyer, directeur exécutif du Projet de recherche sur les politiques, et John Martin, chef de la Direction de l'emploi, de la main-d'œuvre et des affaires sociales de l'OCDE, les objectifs de la conférence de novembre consistaient « à étudier le rôle du capital social dans la participation sociale, économique et politique des immigrants et des membres des communautés ethno-culturelles et d'analyser les conséquences plus générales [du capital social] du point de vue des politiques publiques ». Dans la poursuite de ces objectifs, ont-ils précisé, « il se pourrait que, grâce à une meilleure compréhension des modalités de fonctionnement des réseaux sociaux au sein des diverses communautés et entre elles, on trouve de nouveaux outils pour faciliter l'adaptabilité et la flexibilité dans nos sociétés de plus en plus pluralistes ». À cet égard, la conférence de Montréal a été conçue par le PRP et l'OCDE comme un laboratoire permettant d'analyser l'utilité des interventions misant sur le capital social par rapport à un vaste éventail de questions et d'enjeux d'intérêt public dont la portée dépasse largement son application à la gestion de la diversité.
Quels que soient les mérites du capital social pour d'autres domaines d'action, la décision de prendre comme point de départ l'immigration et la diversité démontrait beaucoup de sagesse. Trois facteurs peuvent être invoqués en sa faveur : premièrement, la certitude que les facteurs économiques, politiques et technologiques mondiaux se traduiront par une plus grande mobilité internationale et une plus grande diversité sociale, raciale et religieuse au sein des pays membres de l'OCDE; deuxièmement, l'ampleur et l'inévitabilité des problèmes que soulèvera cette diversité; et, troisièmement, l'obligation de gérer l'intégration de façon satisfaisante.
Le présent rapport tente de déterminer dans quelle mesure la création du capital social peut être utile pour s'attaquer aux problèmes à la fois anciens et nouveaux afférents à la gestion de l'immigration et de la diversité. Il établit qu'il pourrait être souhaitable d'investir dans le capital social si on veut se pencher sur un vaste ensemble de questions stratégiques. Enfin, on y trouvera certaines suggestions pratiques visant à traduire des idées en mesures concrètes. Il convient de préciser que le rapport et les recommandations qu'il contient sont des observations d'experts et non des conclusions de la conférence.
Sous l'effet de forces puissantes, le mouvement mondial des populations ne cesse de croître. Tout indique que les migrations internationales sont appelées à évoluer de la même manière que les échanges commerciaux, c'est-à-dire en augmentant à un taux sans cesse croissant. Presque tous les pays et régions sont concernés, soit comme lieu de destination, soit comme point d'origine, soit les deux.
Mais il n'y a pas que l'ampleur des mouvements de population qui est en cause. La mondialisation économique, la baisse des frais de transport, les nouvelles technologies de communication et les transformations démographiques sont également en voie de modifier la nature et la structure des flux de population. Ces changements ont eu comme conséquence inévitable d'accélérer la diversification culturelle, sociale, économique et religieuse des principaux pays de destination. Cela pose des défis considérables aux gouvernements partout, notamment aux pays comme le Canada qui jouit d'une solide réputation pour sa gestion de l'immigration et de la diversité.
Les défis que le Canada est appelé à relever découlent en partie de décisions qu'il a prises en matière d'immigration et de diversité. Ces décisions portent sur le nombre élevé et constant d'immigrants admis, sur les pratiques d'admission non discriminatoire et sur l'acceptation du multiculturalisme (ou pluralisme), lequel a d'importantes répercussions sur les actions privées et publiques. Récemment, ces enjeux bien connus ont été aggravés par de nouvelles préoccupations qui, dans le passé, ne pesaient pas sur la gestion de l'immigration et de la diversité, par exemple la productivité économique, la compétitivité internationale, la place des villes canadiennes dans l'économie mondiale, le développement international et la capacité du pays à poursuivre une politique progressiste, libérale et démocratique dans une foule de dossiers sociaux et économiques.
Pour évaluer l'utilité des interventions de capital social visant à gérer la diversité, le présent rapport analyse les idées présentées dans le cadre de la conférence à la lumière de sept objectifs stratégiques généraux. Comme ces objectifs ont été établis après la conférence, les participants n'ont pas essayé d'en tenir compte expressément. Cela dit, si les plaidoyers concernant le capital social sont valides, on devrait pouvoir trouver des liens entre les idées exposées lors de la conférence et les principales questions qui retiennent l'attention des gouvernements. La section ci-dessous expose les sept objectifs stratégiques et décrit certains enjeux sur lesquels les responsables des politiques devront se pencher. Dans une autre partie du rapport, les objectifs sont à nouveau évoqués et discutés à la lumière de points particuliers soulevés par les conférenciers.
Les sept objectifs stratégiques mentionnés ci-dessous ne relèvent pas d'un ministère ou d'un ordre de gouvernement particulier. À vrai dire, ils débordent la sphère de l'État et soulèvent des questions qui ont aussi une incidence sur le secteur privé. On ne peut pas s'attaquer à ces questions en ne tablant que sur un ensemble limité de mesures. L'efficacité exige plutôt une multitude d'initiatives et d'actions bien coordonnées relevant de plusieurs domaines. Un de ces domaines – d'une importance grandissante – porte sur la façon dont notre société gère la diversité.
1. Établir une solide capacité pour gérer les conflits et promouvoir la tolérance
Les conflits sont une conséquence inévitable du changement social et, partant, d'un accroissement de l'immigration et de la diversité. Une société multiculturelle comme le Canada ne saurait échapper à cette règle. Dans un article paru récemment dans la revue Optimum , Gilles Paquet et Paul Reid soutiennent que « les sociétés pluralistes sont caractérisées par la diversité, mais aussi par une reconnaissance explicite que les personnes et les groupes sont motivés par des valeurs différentes; le fait qu'elles possèdent des systèmes de valeurs différents est normal et légitime… Les sociétés pluralistes nient en outre l'existence de toute valeur indépassable. D'où l'inévitabilité des conflits et la nécessité de mettre au point des mécanismes de résolution de conflits raisonnables et efficaces fondés sur un credo auquel adhèrent les parties. »
Mais on ne peut se contenter d'atténuer les conflits ou d'établir des mécanismes pour les régler. Tout compte fait, une société ne peut être gouvernée de manière satisfaisante si on n'arrive pas à mobiliser les esprits pour assurer la mise en place d'une gamme de services publics et pour transformer les institutions publiques et privées de manière à réduire les tensions et les divergences de vues. Tout cela présuppose un apprentissage social, lequel est essentiellement tributaire de réseaux sociaux et de la confiance que les personnes ont les unes envers les autres et envers les institutions publiques.
2. Gérer ce qui apparaît comme une menace pour la sécurité personnelle et économiqueLes attaques du 11 septembre contre New York et Washington et les événements qui ont suivi ont considérablement accru la crainte du terrorisme international. On remarque aussi des inquiétudes concernant la porosité des filtres migratoires et l'intérêt que suscitent les questions intérieures au sein des groupes minoritaires. On en est venu à confondre migration avec sécurité d'une manière où il est difficile de faire la part des choses.
Pour qu'il n'y ait pas d'opposition à l'immigration et à la diversité, la population doit avoir le sentiment que les menaces pour la tranquillité publique et la sécurité économique provenant des immigrants ou des groupes minoritaires sont bien gérées. En revanche, si on ne tient pas suffisamment compte de ces menaces, celles-ci risquent de susciter des craintes qui se traduiront aussitôt par des réactions défavorables à l'endroit des minorités. Il en résultera une discrimination flagrante à leur égard, ainsi qu'une baisse du soutien accordé aux services d'intégration et aux politiques de multiculturalisme. Dans le cas du Canada, il peut également y avoir des effets préjudiciables sur le commerce et l'investissement transfrontières.
En matière de sécurité, l'attention des médias est généralement centrée sur les identificateurs biométriques, la sécurité des frontières et le caractère interventionniste des actions policières. Pourtant, il s'agit là tout au plus de mesures d'improvisation à court terme qui, dans bien des cas, se révèlent contre-productives. Pour que règne un vrai climat de sécurité, il faut que les mesures visant à atténuer les menaces jouissent de l'appui des immigrants et des minorités. Et cet appui n'est possible que si les organismes publics inspirent la confiance et bénéficient de la collaboration du public. Faire en sorte que règne un climat de confiance entre la police et les organismes de sécurité, d'une part, et, d'autre part, les minorités, exige un travail de longue haleine.
3. Défendre les intérêts internationaux du Canada (intérêts non économiques)On tend à accorder une certaine attention aux liens entre immigration, diversité et politique étrangère. Tout cela découle d'une conception plus instrumentale de la politique étrangère et des efforts des pays de destination et d'origine visant à tirer parti des réseaux sociaux qui relient les diasporas à leurs pays d'origine. L'attention de plus en plus grande que suscitent ces communautés dispersées s'explique aussi par l'intérêt des universitaires pour l'étude des phénomènes transnationaux.
La façon dont sont gérées l'immigration et la diversité influe sur la capacité du Canada d'exercer des pressions politiques, de promouvoir la paix et la reconstruction et d'appuyer le développement international. (Les relations commerciales internationales, les exportations culturelles et d'autres questions économiques sont abordées dans la section consacrée au prochain objectif stratégique.) Grâce à leurs connaissances linguistiques, à leurs liens familiaux et ethniques, à leur accès à des ressources extérieures, et forts d'avoir vécu de nombreuses années dans un climat de coexistence pacifique au sein d'une société multiculturelle, les Canadiens des premières et deuxièmes générations ont fait un apport important aux projets de reconstruction dans l'ex-Yougoslavie, en Albanie, en Afrique et dans l'ancienne Union soviétique. Le développement international a également bénéficié d'énormes envois de fonds. Ces transferts d'argent sont beaucoup plus importants que les opérations au chapitre de l'aide internationale et se réalisent par le biais de réseaux familiaux dans diverses parties du monde.
Les pays d'origine commencent également à considérer les émigrants ayant une formation avancée comme des agents susceptibles de leur procurer un accès aux marchés européens et nord-américains. Plusieurs pays, ainsi que des organismes internationaux comme les Nations Unies, s'aperçoivent depuis peu qu'une des principales tâches dans le domaine des relations étrangères consistera à négocier des accords faisant intervenir tout à la fois les intérêts des migrants et ceux des pays d'origine et de destination.
4. Tirer parti de la mondialisation économiqueCompte tenu de la population vieillissante du Canada, de la proportion de plus en plus grande des immigrants et des minorités au sein de la population active et du rôle central des compétences et de la formation dans la nouvelle économie du savoir, il faudra que la stratégie d'innovation du Canada tienne compte des politiques visant à attirer et à retenir les immigrants et à mettre à profit leurs compétences et celles d'une main-d'œuvre de plus en plus diversifiée. L'aspect le plus important d'une telle stratégie est la suppression des barrières qui réduisent la mobilité des immigrants et des minorités ethniques. Si on ne s'attaque pas à ces barrières, il y aura un gaspillage énorme de capital humain et la capacité du Canada de recruter et de retenir les personnes les plus douées sera grandement affaiblie. Les barrières linguistiques, la discrimination et le refus des employeurs de reconnaître les compétences et la formation des travailleurs étrangers sont des obstacles structurels importants qui nuisent au bon fonctionnement du marché du travail. Des difficultés semblables existent dans les autres pays de l'OCDE.
Les responsables des politiques ont également commencé à s'interroger sur la possibilité d'utiliser l'immigration comme moyen de promouvoir les échanges et les investissements internationaux. On cherche à déterminer en particulier s'il y a un ensemble de politiques intérieures et étrangères qui, sous l'effet combiné de l'immigration, permettrait à un pays de tirer parti des compétences, du savoir local et des réseaux transnationaux dont les immigrants disposent en vue de mieux pénétrer les marchés étrangers. Pour que cette stratégie réussisse, il faudrait que les immigrants entrepreneurs soient plus étroitement liés aux milieux d'affaires. En outre, il se pourrait qu'il faille établir des liens avec d'autres établissements comme les universités et l'entreprise privée.
5. Favoriser l'intégration économique et socialeLa question la plus importante à laquelle se heurtent les décideurs préoccupés par la diversité et un des principaux thèmes de la conférence est l'intégration des immigrants et des minorités. Depuis le début des années 1980, il y a des indices qui donnent à penser qu'il y a dans ce domaine quelque chose qui ne va pas. Un écart important est apparu entre travailleurs nés au pays et nouveaux arrivants et, bien qu'il ait récemment diminué, peu d'indices permettent d'espérer que les revenus des immigrants se rapprocheront de ceux des Canadiens nés au pays. On constate donc une hausse importante du nombre d'immigrants vivant dans la pauvreté et on ne peut écarter le spectre d'une exclusion sociale ou d'une segmentation sociale fondée sur des critères ethniques, raciaux ou religieux. Le même phénomène existe dans les autres pays accueillant de nombreux immigrants.
La baisse des revenus et l'accroissement du nombre de familles pauvres au sein des communautés de nouveaux immigrants et des minorités visibles n'ont rien de rassurant. Ce qui, en particulier, préoccupe certains observateurs, c'est que la crainte de vivre dans la pauvreté pourrait avoir pour effet de « marquer » les enfants d'immigrants et de peser de manière disproportionnée sur les perspectives d'avenir des minorités visibles concentrées dans les villes. Tout lien entre pauvreté et statut de minoritaire ou d'immigrant aurait pour effet de compromettre gravement la culture égalitariste et multiculturelle du Canada et mettrait en doute l'efficacité des pratiques actuelles de gestion de la diversité. Le fait que les facteurs traditionnels de capital humain et de marché du travail ne semblent plus pouvoir expliquer certains écarts de revenu constitue aussi une source d'inquiétude. Et, selon certaines indications, il semble que des facteurs comme de subtiles différences linguistiques, une prudence excessive de la part d'employeurs peu au courant des compétences d'immigrants récents, le racisme et une absence de liens sociaux chez les immigrants récemment admis pèsent plus lourdement que dans le passé sur leur condition économique.
Pour que les politiques d'immigration donnent de bons résultats, elles doivent jouir d'un appui général au sein de la population car les programmes d'intégration coûtent cher et les ressources qui y sont affectées limitent celles consacrées à la poursuite d'autres priorités économiques et sociales. Il faut également l'appui de la population pour mettre en œuvre les réformes institutionnelles visant à offrir aux immigrants et aux minorités un meilleur accès aux services publics. Mais, ce qu'il faut surtout garder à l'esprit, c'est que l'intégration des immigrants n'est pas une affaire strictement gouvernementale : elle exige l'appui du public. Elle présuppose des rapports harmonieux entre voisins et des échanges amicaux dans la rue, à l'école et au travail.
6. Encourager le sentiment d'appartenance et les aspirations communesS'il importe d'encourager le sentiment d'appartenance et les aspirations communes, c'est que l'accueil des immigrants est le résultat d'une décision que les Canadiens prennent librement. Sans la capacité de poursuivre des aspirations communes, on conçoit difficilement comment l'immigration pourrait être liée à la volonté de bâtir un pays et pourquoi elle devrait jouir de l'appui de la population.
Dans un document préparé en vue de la conférence, Jean Tillie établit un lien entre cette idée et le désir de transformer les étrangers en citoyens à part entière ou, selon la formulation de certains modèles, de faire des immigrants et des membres des minorités des co-nationaux et des membres de la communauté. Ce qui préoccupe le plus, ce sont l'appartenance, l'unité culturelle et les valeurs communes pouvant justifier des actions publiques et privées liées aux questions essentielles. Une relation est souvent établie entre cette idée et les notions de solidarité, de citoyenneté et d'identité.
7. Soutenir la capacité d'agir avec compassion et générositéLa compassion est une caractéristique dont le Canada, comme beaucoup d'autres pays de l'OCDE, tire une certaine fierté. Toutefois, les Canadiens doivent éviter de considérer la générosité comme une question de génétique. La générosité est une vertu fragile qui ne peut se développer que si elle est entretenue. Elle porte sa propre justification et est liée à la solidarité avec les autres êtres humains. Pour promouvoir la compassion, il faut une compréhension et des contacts interculturels. Faire preuve de générosité et entretenir la capacité d'être attentif aux autres ou de leur venir en aide lorsqu'un besoin surgit exigent une infrastructure institutionnelle et sociale comportant des ponts entre différentes classes, ethnies, religions et races.
Bien que l'altruisme soit la véritable assise de la compassion, on peut aussi justifier celle-ci à l'aide d'arguments fondés sur la notion d'intérêt personnel. Que ce soit dans une perspective internationale ou nationale, les droits de la personne, notamment ceux qui concernent le traitement des minorités et des immigrants, sont devenus un facteur important et ont des répercussions diverses sur les relations commerciales bilatérales, les accords économiques préférentiels et les unions économiques et sociales. Les politiques que le Canada a adoptées en matière d'immigration et de réfugiés, de même que le traitement qu'il accorde aux minorités, lui ont donné une autorité morale dont l'influence excède celle que justifierait sa puissance économique et militaire.
Avant de discuter de l'utilité de la notion de capital social pour la gestion de l'immigration et de la diversité, il importe d'en examiner le contenu. Un bref survol des ouvrages sur la question indique qu'il existe de sérieuses divergences sur la façon de définir le capital social. D'une part, il y a des définitions générales faisant intervenir des réseaux, des normes, des attitudes, des valeurs, des prédispositions et des institutions. D'autre part, on trouve des définitions réductionnistes qui limitent la notion de capital social à rien de plus que des réseaux sociaux. Les tenants de cette dernière approche soutiennent que les définitions plus générales comptent des éléments supplémentaires qui, pour des raisons de clarté conceptuelle, doivent être traités séparément. Voici quelques exemples pertinents qui illustrent l'éventail des opinions et des usages :
La Banque mondiale propose la définition suivante : « Le capital social d'une société comprend les institutions, les relations, les attitudes et les valeurs qui régissent l'interaction entre les personnes et qui contribuent au développement économique et social. Toutefois, le capital social n'est pas simplement la somme des institutions qui servent d'assise à la société puisqu'il est le ciment qui les lie les unes aux autres. En font partie les valeurs et les règles communes de conduite sociale qui se manifestent dans les relations personnelles, la confiance et une perception commune de la responsabilité ‘civique', autant d'éléments qui font qu'on ne peut réduire la société à une simple collection de personnes ».
De manière plus brève, l'OCDE, dans un rapport intitulé Du bien-être des nations : le rôle du capital humain et social, affirme que « le capital social… comprend les réseaux, les normes, les valeurs et les façons de comprendre qui facilitent la coopération au sein des groupes ou entre eux. Il convient de le distinguer des arrangements politiques, institutionnels et juridiques plus officiels qui jouent un rôle d'appoint dans ce processus ». Cette définition est celle qui a été retenue par le Royaume-Uni et par l'Australie.
Par ailleurs, Pierre Bourdieu, dans un article bien connu, définit le capital social comme « …l'ensemble des ressources actuelles ou potentielles qui sont liées à la possession d'un réseau durable de relations plus ou moins institutionnalisées entre personnes qui se connaissent et se reconnaissent – bref, à l'appartenance à un groupe – celle-ci procurant à chacun de ses membres le soutien d'un capital détenu en commun, un ‘titre de compétences' qui donne à chaque personne un crédit, selon les diverses acceptions de ce mot ».
À bien des égards, cette définition est plus restrictive que celles de la Banque mondiale ou de l'OCDE puisqu'elle exclut notamment les normes et les attitudes. Par ailleurs, elle est plus large puisqu'elle admet d'autres formes de capital, en particulier le capital humain et physique.
James Coleman, à qui l'on doit d'avoir attiré l'attention du monde universitaire américain sur la notion de capital social, s'est penché sur le caractère intentionnaliste du capital social. Il soutient que « le capital social est défini par sa fonction. Il ne s'agit pas d'une entité unique. Il s'agit plutôt d'une variété d'entités différentes les unes des autres, mais comportant deux éléments communs : premièrement, elles correspondent toutes à un aspect quelconque des structures sociales et, deuxièmement, elles facilitent certaines actions des intervenants – ceux-ci pouvant être des acteurs individuels ou corporatifs – au sein des structures. Comme d'autres formes de capital, le capital social est productif : il rend possible l'atteinte de certaines fins… [mais] …contrairement à d'autres formes de capital, le capital social est inhérent à la structure des relations entre acteurs et parmi les acteurs. Il ne réside ni dans les acteurs eux-mêmes, ni dans les instruments physiques de production ».
Dans la perspective des politiques gouvernementales, la définition de Coleman se révèle particulièrement utile parce qu'elle insiste sur le caractère rationnel des comportements : les acteurs – individuels ou corporatifs – investissent dans le capital social afin d'en maximiser (ou, à tout le moins, d'en augmenter) l'utilité. Tout cela suggère que les transactions de capital social sont orientées vers un but, qu'elles sont prévisibles et qu'elles sont sensibles à des incitations.
Enfin, dans une déclaration empreinte d'optimisme, Michael Woolcock – un partisan de la brièveté – soutient qu'un consensus fondé sur les méthodes empiriques est en train de se former au sujet de la définition du capital social. Celui-ci, affirme-t-il, « réfère aux normes et les réseaux qui facilitent l'action collective ». Il ajoute que « toute définition du capital social devrait être axée sur ses origines plutôt que sur ses conséquences… ». Woolcock écarte donc la confiance en faisant valoir qu'il s'agit d'un résultat plutôt que d'un précurseur et qu'il convient de la considérer comme une « note d'évaluation » et non comme une véritable composante du capital social.
La dernière conférence organisée par l'OCDE et le PRP, et des ateliers tenus plus tôt par ce dernier, laissent croire qu'il est sans doute un peu prématuré d'affirmer que la guerre des définitions est terminée. Cela dit, les propos de Woolcock peuvent, vraisemblablement, être interprétés comme une indication que la portée du concept est maintenant mieux circonscrite et que son application est plus rigoureuse, du moins dans le monde universitaire, et peut-être même chez les responsables des politiques. L'approche du PRP illustre les difficultés auxquelles on se heurte lorsque l'on veut faire preuve de rigueur scientifique sans toutefois contraindre indûment l'imagination des responsables des politiques. Dans un document présenté lors de la conférence, Robert Judge tente de résoudre ce dilemme en plaidant en faveur d'une approche étroite, fondée sur des réseaux, où l'accent serait mis sur la mesurabilité, et en proposant en même temps l'élaboration d'un cadre pluridimensionnel qui permettrait l'étude d'un large éventail de résultats fonctionnels. Dans le numéro d'automne de Horizons, Jeff Frank, chef de l'équipe du capital social au sein du PRP, appuie cette approche. Il soutient que « les questions stratégiques devraient déterminer la façon dont nous opérationnalisons… le capital social…. Les aspects du capital social que nous souhaitons mesurer et étudier ne peuvent pas être établis dans l'abstrait : ils doivent être liés aux questions stratégiques auxquelles nous nous intéressons. C'est pourquoi nous devons faire en sorte que les efforts du gouvernement en vue d'approfondir et d'opérationnaliser la notion de capital social soient liés aux contextes particuliers des objectifs des politiques et programmes fédéraux ». Cette position tend à légitimer l'approche adoptée dans le présent rapport, à savoir que les idées afférentes au capital social doivent être testées à la lumière des objectifs clés des politiques gouvernementales.
Le présent document ne propose pas de définition particulière et évite de prendre position dans le débat opposant les diverses définitions du capital social. Comme la conférence de novembre a fait ressortir l'existence d'un éventail très large de définitions, certaines générales, d'autres étroites, on ne peut passer la question sous silence. L'extrapolation de ces résultats dans le domaine stratégique de l'immigration et de la diversité nous a simplement permis d'établir que ces différences peuvent se répliquer d'une sphère à une autre.
S'il est une conclusion que l'on peut tirer de la conférence, c'est que bon nombre des désaccords sur la définition du capital social s'apparentent davantage à des différends concernant des frontières politiques qu'à des divergences sur la géographie. Les tenants des diverses définitions ne contestent pas la valeur des idées proposées mais voudraient qu'on leur donne un nom autre que celui de capital social. Pourtant, du point de vue de l'élaboration des politiques, il importe assez peu que le capital social soit considéré comme pluridimensionnel et constitué de multiples éléments (réseaux, normes, valeurs, confiance, institutions, etc.) ou qu'il soit limité à un seul élément (par exemple, les réseaux), les autres éléments y afférents portant des noms différents. Ce qui importe du point de vue des politiques, ce sont les outils qui permettent de les mettre en œuvre.
Si on veut aller de l'avant, il vaudrait sans doute mieux renoncer à une critique de la nomenclature et adopter un ensemble de concepts étroitement apparentés, tout en établissant un plan prévoyant des progrès sur plusieurs fronts à la fois. C'est d'ailleurs la voie que préconise le PRP. Grâce à cette approche, on peut effectuer un travail empirique rigoureux sans obliger les chercheurs à se rallier à un courant de pensée particulier. Par ailleurs, les responsables des politiques ne sont pas obligés de faire un choix comme celui auquel se heurtent les consommateurs qui doivent adopter soit la technologie betamax, soit celle de VHS. Il convient de rappeler que le produit techniquement supérieur a été rejeté par les consommateurs parce qu'il comportait moins d'applications (films). Une progression sur un vaste front comporte aussi d'autres avantages. Elle minimise le risque qu'un concept particulier s'avère de peu d'utilité, voire d'aucune; et elle crée un calendrier pour la recherche dans divers créneaux, ce qui contribue à susciter de l'intérêt tant chez les chercheurs que chez les responsables des politiques. Les priorités de recherche devraient être déterminées conjointement par les deux collectivités.
Dans leurs allocutions d'ouverture, les organisateurs de la conférence, Jean-Pierre Voyer, John Martin et Jeff Frank, ont insisté sur le fait que la valeur des mesures requises pour augmenter ou refaçonner le capital social ne pouvait pas être déterminée dans l'abstrait et qu'il faudrait l'établir à la lumière de questions particulières. Cette idée a été reprise par plusieurs conférenciers. Toutefois, si l'on s'en tient à ce critère, les arguments militant en faveur d'une valorisation du capital social en vue de mieux gérer l'immigration et la diversité paraissent insuffisants. Bien que l'on ait accueilli très favorablement l'idée que le capital social pourrait jouer un rôle utile dans l'élaboration des politiques, il y a eu peu de suggestions concrètes. C'est pourquoi les possibilités d'élaborer des politiques de capital social permettant de s'attaquer à des problèmes stratégiques de diversité relèvent surtout de la conjecture : on peut les concevoir uniquement comme une conséquence possible des propos des conférenciers, sans plus. Ce résultat ne correspond vraisemblablement pas aux espoirs des organisateurs de la conférence. Toutefois, l'éventail et la qualité des idées débattues suggèrent que le capital social n'est pas une notion que les responsables des politiques devraient ignorer.
Deux critiques ont été formulées lors de la conférence. D'une part, on a affirmé que la notion de capital social a peu de pouvoir explicatif lorsqu'on l'applique à certaines questions clés. D'autre part, on a prétendu que le seul élément nouveau des politiques de capital social est leur appellation.
C'est Derek Hum qui a contesté le plus durement l'utilité de la notion de capital social. Il a déclaré que, pour ce qui est des résultats économiques, dès lors que l'on tient compte des facteurs liés au marché du travail et au capital humain, il ne reste rien qui soit susceptible d'être expliqué par le capital social. John Martin a signalé que bon nombre de pays de l'OCDE affichaient le même scepticisme en ce qui concerne l'opportunité d'élaborer de nouvelles politiques de capital social axées sur des objectifs particuliers.
Pour vérifier la validité de ce point de vue, il faudrait tout d'abord déceler les cas où les facteurs relatifs aux marchés du travail et au capital humain ne peuvent expliquer de manière satisfaisante certaines observations importantes – par exemple c'est la situation qui prévaut pour les revenus – et, deuxièmement, montrer que les politiques de capital social peuvent produire des résultats favorables. La possibilité d'un tel test est apparue au cours de la conférence lorsque l'on a demandé à Elizabeth Ruddick si le système de sélection de Citoyenneté et Immigration Canada pourrait être modifié de manière à tenir compte des réseaux auxquels les immigrants peuvent avoir accès lors de leur entrée au pays. Les informations dont dispose le ministère permettraient de procéder à une « expérience naturelle ».
Une autre façon de contrer la critique selon laquelle il n'y a presque rien qui soit susceptible d'être expliqué par la notion de capital social consisterait à soutenir que les explications relatives aux marchés du travail et au capital humain sont intégrés à un ensemble de structures sociales. À défaut de telles structures, les bénéfices découlant des politiques de marché du travail et de capital humain seraient sensiblement moindres. Robert Putnam a exposé cet argument lors de la conférence lorsqu'il a soutenu que le capital social et la confiance étaient des conditions préalables au succès des interventions gouvernementales. Ici encore, on pourrait envisager des expériences naturelles permettant de vérifier la validité de ces hypothèses.
À ceux qui prétendent que la notion de capital social est d'une utilité limitée, certains rétorquent que les politiques de capital social sont présentes un peu partout mais portent des noms différents. Ces politiques, par exemple, seraient à l'origine des initiatives de développement communautaire adoptées au cours des dernières décennies, des activités visant à appuyer des organisations non gouvernementales et des programmes comme le Programme d'accueil, lequel vise à établir des liens entre les réfugiés et leurs mentors canadiens. On fait également état de mesures cadres plus générales, dont la Loi sur le multiculturalisme , la Loi sur la citoyenneté et plusieurs dispositions concernant les droits de la personne. Pour jauger ces arguments – de nature sémantique plutôt que conceptuelle – il faut avant tout se demander si l'adoption de la perspective du capital social est susceptible d'améliorer l'éventail actuel des programmes et politiques et de permettre l'adoption de nouveaux programmes, de nouvelles priorités, de partenariats différents et de mécanismes de coordination plus efficaces.
Dans le même ordre d'idées, Howard Duncan s'est demandé si la politique de capital social diffère de la politique sociale et s'il n'y avait pas lieu de considérer le capital social comme un sous-produit de cette dernière. Ici encore, ce qui est mis en doute, ce n'est pas la valeur des mesures du capital social mais plutôt l'intérêt d'adopter une nouvelle terminologie.
Il convient de mentionner une dernière observation sur l'utilité des politiques de capital social faite par Michael Woolcock. Celui-ci soutient qu'une connaissance plus approfondie du capital social aurait pour effet de supprimer le risque que les gouvernements ne détruisent par inadvertance les stocks existants de capital social. S'agissant des investissements de capital social, Woolcock affirme que ce que l'on fait est aussi important que la façon dont on le fait. Les modalités de mise en œuvre sont essentielles à la formation du capital social.
Bien que la notion de capital social suscite beaucoup d'intérêt dans le monde universitaire, les responsables des politiques ne se montrent guère enthousiastes. Cela s'explique peut-être par le fait que les idées sont encore neuves et n'ont pas été traduites en mesures concrètes. Il se peut aussi que l'on ait conçu de manière trop étroite la façon dont la notion de capital social pourrait être mise au service des politiques.
Voici des questions ayant pour objet de tester l'utilité des politiques de capital social :
Une perspective de capital social susciterait-elle de nouvelles questions ou des idées nouvelles sur des sujets importants et ces nouvelles idées influeraient-elles sur les priorités afférentes aux questions qui retiennent l'attention des décideurs? Une telle perspective modifierait-elle la façon dont on définit certaines questions?
Y a-t-il des difficultés stratégiques qui ne peuvent être abordées de manière satisfaisante par le biais de mesures traditionnelles comme, par exemple, les interventions dans le domaine du marché du travail ou du capital humain?
L'adoption d'une problématique de capital social se traduirait-elle par l'adoption de politiques, d'activités ou de pratiques nouvelles ou supplémentaires ?
Existe-t-il une catégorie de politiques, par exemple les investissements dans les biens publics, où une approche de capital social est jugée essentielle?
Jusqu'à quel point les investissements de capital social peuvent-ils être substitués à d'autres formes d'investissement public ou privé? Quel est le rendement des investissements dans le capital social par rapport à celui d'autres instruments ou formes d'intervention?
Dans quelle mesure peut-on recourir à des politiques de capital social pour maximiser l'effet multiplicateur d'investissements ou d'efforts supplémentaires relevant du secteur privé ou de milieux communautaires?
Une perspective de capital social influencerait-elle les partenariats établis pour régler certaines questions d'intérêt public? Des politiques de capital social permettraient-elles de promouvoir la collaboration entre les divers niveaux de gouvernement? Entre le gouvernement et la société civile?
Tout compte fait, la conférence n'a offert que des esquisses de réponses à ces questions. La plupart des conférenciers ont traité de questions plus générales, comme celles-ci :
Pourquoi les gouvernements devraient-ils s'intéresser au capital social et dans quelles circonstances devraient-ils intervenir dans sa création ou sa destruction?
Quelles devraient être les modalités des interventions gouvernementales?
Avant de répondre à cette question fondamentale, il convient de rappeler certaines mises en garde des conférenciers. Celles-ci portent sur le rôle des gouvernements, sur l'évaluation du capital social et sur la nécessité d'interpréter les résultats dans le contexte d'une hiérarchie stratégique de politiques.
La question la plus fondamentale que plusieurs conférenciers ont soulevé, mais aucun de manière aussi explicite que Peter Li, concerne la mesure dans laquelle les gouvernements devraient s'engager dans le domaine de l'ingénierie sociale. Dans ce contexte, on ne peut ignorer l'idée que les liens d'association et la formation de réseaux sociaux résultent d'actions orientées vers des buts précis, et non d'une confiance aveugle, et que les décisions visant l'appartenance à des réseaux ou à des associations sont essentiellement privées. Aucun des conférenciers n'est allé jusqu'à soutenir que les gouvernements ne devraient aucunement s'intéresser à l'ampleur ou à la forme des interactions sociales, mais on s'est montré généralement favorable à l'idée que le gouvernement devait limiter autant que faire se peut ses interventions dans la vie associative. On estime que les politiques servent essentiellement à habiliter et qu'il faut éviter de détruire le capital social déjà en place.
Une autre mise en garde faite par certains conférenciers portait sur le conflit qui, en principe, pourrait exister entre une gestion sensée des affaires publiques et les investissements de capital social. On a fait valoir que, dans une conjoncture où le respect de la suprématie du droit est faible, il faut s'en remettre aux réseaux sociaux puisqu'il n'existe aucune autre solution. La survie devient alors tributaire de qui l'on connaît et de qui est en mesure de donner accès aux ressources essentielles. Dans ce contexte, un capital social élevé est un indice de misère plutôt que de bien-être.
La dernière mise en garde porte sur la nécessité d'évaluer les variations du stock de capital social dans le contexte d'objectifs stratégiques. Ainsi, des réductions de la confiance générale et du stock de capital social occasionnées par un accroissement de la diversité pourraient se révéler opportunes si l'accroissement de la diversité se traduisait par une hausse de la capacité de la société de résister aux chocs comme ceux résultant des attaques sur Washington et New York. Dans ce cas, l'apprentissage social l'emporte sur l'accroissement du capital social. Réciproquement, un accroissement de capital social pourrait être jugé inopportun s'il contredit des objectifs sociaux. C'est ce qui se produit avec le « côté sombre » du capital social. Du point de vue de la gestion de l'immigration et de la diversité, cela pourrait signifier la formation de bande de jeunes ou, selon l'exemple mentionné par Annick Germain, de groupes fondamentalistes s'opposant à l'État.
Deux arguments ont été invoqués pour justifier l'intervention des gouvernements. Le premier porte sur le capital social en tant que bien intrinsèque tandis que le second considère le capital social comme moyen d'atteindre d'autres objectifs stratégiques.
L'idée que le capital social est un élément positif et devrait être accru en raison de son apport à la qualité de la vie en société a reçu l'appui de nombreux participants, dont John Helliwell, qui a insisté sur la corrélation entre capital social et bien-être, Robert Putnam, qui a parlé d'une corrélation entre la confiance et les indicateurs généraux de bien-être (ils sont tellement généraux qu'ils débordent l'idée de gouvernance, laquelle peut être considérée comme un objectif stratégique instrumental), et David Halpern, pour qui il y a analogie entre l'éducation, en tant que fin en soi, et le capital social. On pourrait également mentionner Howard Duncan, qui soutient que l'on peut établir un lien entre capital social et « ce qui est bon dans la vie ».
Des opinions comme celles-là ont conduit certains participants à déclarer que le capital social doit, à plusieurs égards, être envisagé de manière holistique. Analyser le capital social et l'associer à des objectifs stratégiques discrets équivalent à ignorer son importance en tant que condition préalable à une gouvernance effective et à une action aussi bien individuelle que communautaire. Selon la définition de la Banque mondiale, « le capital social est le ciment qui lie [les choses] les unes aux autres … ». Lorsqu'il est question de ce concept, on parle parfois d'intégration. On conclut qu'il y a intégration par voie d'une déduction où l'on fait intervenir des mesures généralisées de confiance ou de civisme et des comparaisons fondées sur des « expériences naturelles », c'est-à-dire des comparaisons géographiques ou historiques.
Depuis peu, les adeptes des politiques de capital social ont mis de l'avant des propositions particulières de nature instrumentale où il est pris pour acquis que, sous réserve de certaines conditions, des interventions de capital social se révéleraient efficaces. Selon David Halpern, ces conditions se traduiraient par la persistance de certaines conditions socioéconomiques au sein de groupes particuliers, ainsi que par des indices évidents de conflit. (Des critères semblables ont été utilisés par le Conseil économique du Canada, en 1991, dans le cadre d'une étude charnière sur les conséquences économiques et sociales de l'immigration). D'autres conférenciers se sont penchés non pas sur les résultats mais sur les possibilités qui s'offrent à divers groupes, ce qui les a amenés à s'intéresser aux phénomènes d'inclusion sociale et à la nécessité de donner aux immigrants et aux minorités un accès égal aux institutions, en particulier aux institutions publiques. Une question qui est revenue plusieurs fois sur le tapis porte sur la nécessité d'analyser les frontières et les transitions pour faire en sorte que l'accès et l'équité soient répartis uniformément des deux côtés de la « frontière ». Voici quelques-uns des avantages que procureraient les interventions sur le capital social selon les tenants de ce courant de pensée :
de meilleurs résultats dans les domaines de la santé et de l'éducation;
des résultats plus satisfaisants en ce qui concerne le marché du travail et la lutte contre la pauvreté;
une amélioration de la qualité des services afférents à la police et à la justice;
une meilleure circulation de l'information; et
une baisse des dépenses de sécurité et d'aide sociale.
Les auteurs de ces plaidoyers insistent sur le fait qu'il y aurait une interaction positive en ce qui concerne les investissements dans le capital humain et physique. (Par exemple, on prétend que les investissements de capital social encouragent les individus à investir dans l'éducation.)
Ces plaidoyers axés sur des objectifs relativement étroits ont été étayés par des plaidoyers plus généraux où on a soutenu que les gouvernements devaient investir dans le capital social parce que ces investissements augmentent l'efficience des transactions, l'efficacité des institutions publiques et les rendements relatifs à la production et à la distribution de biens publics. Ces plaidoyers sont en partie fondés sur l'idée que les réseaux sociaux sont une forme de biens publics. Dès lors qu'un réseau a été créé en vue d'une fin particulière, on peut le modifier pour qu'il serve d'autres fins, et ce, sans qu'il en coûte davantage. D'où une incitation chez les personnes qui sont susceptibles de bénéficier du réseau d'agir en « profiteurs », c'est-à-dire de reporter l'investissement jusqu'à ce que quelqu'un d'autre (ou un autre organisme ou niveau de gouvernement) assume le coût de production, ce qui, en dernier ressort, conduit à un sous-investissement dans les biens publics.
Les déclarations faites lors de la conférence en faveur des investissements de capital social (dont il est question dans les paragraphes précédents) se retrouvent dans les ouvrages d'universitaires et d'analystes des politiques concernant le capital social. Il convient de se demander s'il y a des différences entre les immigrants et les minorités, d'une part, et, d'autre part, les autres secteurs de la population, et si le capital social est susceptible de contribuer davantage à la satisfaction de leurs besoins. Bon nombre de conférenciers ont abordé cette question tout en concentrant leurs propos sur les questions d'intégration.
L'intégration satisfaisante des immigrants et des minorités est le critère décisif pour évaluer la gestion de la diversité. Comme le Canada est une société multiculturelle ou pluraliste, on ne s'attend pas à ce que les immigrants et les minorités s'assimilent complètement. On les invite plutôt à adopter les éléments clés de la culture et de la société canadienne, comme la suprématie du droit. Toutefois, dans d'autres domaines, on les encourage à maintenir leurs liens traditionnels et leurs comportements distinctifs.
Dans une perspective de capital social, l'intégration entraîne la formation de nouveaux liens mais elle implique aussi la rupture de liens anciens. À ce sujet, Michael Woolcock parle de détachements et de « rattachements » à des réseaux sociaux. Une autre façon de décrire ces phénomènes consiste à dire que l'intégration exige une création et une destruction simultanées de capital social : c'est-à-dire qu'il y a création de nouveaux réseaux et destruction ou érosion des anciens. Du point de vue des politiques, il y a un intérêt stratégique dans cet équilibre. Ainsi, le Canada pourrait vouloir que les gens d'affaires de Hong Kong s'intègrent mais, en même temps, il pourrait être dans l'intérêt de tous qu'ils maintiennent leur relations transnationales afin d'établir des liens commerciaux avec la Chine continentale.
Il y a une autre raison pour laquelle le capital social et, plus précisément, les réseaux sociaux pourraient jouer un rôle plus important dans la gestion de l'immigration et de la diversité que dans d'autres domaines d'intérêt public, et c'est que l'immigration comporte toujours un risque – celui de créer de nouveaux schismes ou de renforcer ceux qui existent déjà. Pour contrer cette tendance, a-t-on fait valoir, il faut que les gouvernements investissent dans les liens qui créent des ponts entre les groupes situés de chaque côté de la ligne de partage. Cette tâche est loin d'être facile. Robert Putnam a mentionné dans sa présentation qu'il est plus difficile de créer du capital social lorsqu'il y a diversité.
La gestion de la diversité et de l'immigration exige en outre un degré de collaboration plus élevé entre les gouvernements d'une part, et entre les gouvernements et organismes civiques que celui requis dans de nombreux autres domaines. S'il en est ainsi, c'est parce que les immigrants et les minorités sont fréquemment plus désavantagés que le reste de la population. De plus, pour que l'intégration réussisse, il faut que les immigrants aient accès aux institutions et aux services relevant des trois niveaux d'administration publique au Canada. Par ailleurs, l'intégration dépend non seulement des interventions gouvernementales mais aussi du comportement civique, notamment dans les collectivités locales. D'où la nécessité d'une étroite coordination avec les organismes locaux et d'investissements dans les réseaux locaux. Comme on l'a mentionné précédemment, toutefois, tant les gouvernements que les membres des communautés concernées ont tendance à ne pas investir suffisamment dans le développement local. Pourquoi, par exemple, Citoyenneté et Immigration Canada dépenserait-il des fonds pour développer des organisations locales lorsque Patrimoine canadien pourrait entreprendre un projet semblable? Dans son exposé sur le modèle d'aide des pays nordiques, Annika Forsander a fait allusion à ce problème des « profiteurs », mais Paul Bernard a souligné que des problèmes semblables existent au Canada.
Plusieurs conférenciers ont fondé les arguments qu'ils invoquaient en faveur des investissements de capital social sur le fait qu'il y a de la discrimination et que les immigrants et les minorités sont incapables de solliciter de l'aide auprès des établissements publics. Ces problèmes, ont-ils fait valoir, mettent en lumière la nécessité pour les gouvernements de multiplier les efforts visant à développer les liens qui créent des ponts et les liens entre les différentes couches sociales . Xavier de Souza Briggs a fait mention des politiques américaines de déségrégation scolaire pour illustrer les effets bénéfiques de tels investissements. De manière plus générale, on estime que la confiance parmi les immigrants et les minorités est fragile et peut facilement être détruite. Cette perception est renforcée par le fait que beaucoup d'immigrants proviennent de pays où la confiance, notamment envers les institutions publiques, est faible. Pour contrer ces perceptions et affermir la confiance envers les institutions (et susciter des comportements fondés sur la coopération), on a conclu qu'il était nécessaire pour les gouvernements d'investir dans des politiques d'encadrement et de les défendre avec vigueur. Ces politiques devraient être fondées sur des mesures comme le multiculturalisme et les dispositions visant à lutter contre la discrimination. On a également donné à entendre que les groupes désavantagés souffrent non seulement d'un manque de ressources physiques et humaines, mais aussi d'une capacité réduite de mettre en commun et d'exploiter les ressources dont ils disposent. Robert Putnam a émis des doutes concernant l'opportunité de considérer le capital social comme une condition préalable à une action durable visant à réduire les inégalités sociales.
Le dernier argument invoqué pour justifier des interventions de capital social en faveur des immigrants et des minorités n'était pas théorique mais pratique. De plus en plus, l'intérêt croissant pour le capital social a comme contrepartie une capacité accrue d'effectuer des recherches quantitatives. La disponibilité de bonnes données nationales permettra de formuler et d'évaluer les politiques de capital social selon des méthodes que l'on ne pouvait pas envisager il y a à peine cinq ans.
En général, la conférence n'a pas donné lieu à des plaidoyers en faveur d'importants nouveaux investissements dans les programmes de capital social. La plupart des conférenciers s'en sont plutôt tenus à proposer quatre grands types d'intervention : mieux exploiter le capital social existant; neutraliser le capital social négatif et établir des ponts; créer une plus grande confiance, notamment envers les institutions publiques; et mieux intégrer la politique de capital social à l'analyse des grandes politiques.
Dans un rapport paru récemment, la Commission sur la productivité australienne affirme que « l'effet que le gouvernement exerce sur le capital social sera tributaire des modalités des programmes et de l'attitude générale du gouvernement ». Le rapport ne préconise pas de nouveaux investissements de grande ampleur mais souligne que de nombreux programmes déjà en vigueur servent d'assise au capital social ou tendent à l'accroître, de manière délibérée ou indirecte. Ces programmes comprennent les appuis en matière de formation, les appuis à la famille, les services communautaires, les programmes de sports, les programmes de communications et les mesures destinées à subventionner les arts. On estime en outre que l'on pourrait obtenir des politiques plus rentables et de plus grande envergure en tablant sur l'appui communautaire et sur une meilleure utilisation du capital social latent. Il faudrait alors reconfigurer les programmes et les politiques pour profiter des services et des externalités complémentaires.
Il semble d'autant plus important de tirer parti des complémentarités et des externalités dans la production du capital social que la pression exercée par la mondialisation sur les gouvernements ne cesse de croître. Il en résulte de fortes incitations en faveur d'une collaboration entre les divers niveaux de gouvernement et les divers ministères, de même qu'entre les organismes gouvernementaux et les institutions civiles. Alfred MacLeod a insisté sur ce fait en parlant du prochain gouvernement et de son désir de promouvoir la participation du gouvernement fédéral dans les affaires urbaines – domaine relevant de la compétence des provinces – en particulier dans la gestion locale de la diversité et de l'immigration.
Les arguments militant en faveur d'une collaboration institutionnelle en matière de gestion de la diversité reposent sur trois considérations : premièrement, la gestion de la diversité est une question qui concerne plusieurs ministères et compétences gouvernementales; deuxièmement, la charge de coordonner un ensemble complexe de services publics peut excéder la capacité des communautés d'immigrants et des groupes minoritaires; et, troisièmement, les investissements dans le capital social sont des biens publics et, par conséquent, se prêtent facilement à l'exploitation des « profiteurs », ce qui crée un risque de sous-investissement. Brian Ray et d'autres conférenciers ont traité de ces questions et des difficultés inhérentes à l'établissement de liens qui créent des ponts entre les personnes et les institutions. (Cette question est analysée dans une autre partie du présent rapport). Certes, il appartient aux organismes publics de coordonner leurs activités et d'améliorer l'accès aux institutions. Eileen Sarkar a montré que la promotion de la collaboration interministérielle (pour « mettre en œuvre le modèle de diversité canadien ») est un aspect important du travail entrepris par le ministère du Patrimoine canadien.
Plusieurs conférenciers ont indiqué qu'il serait préférable que les gouvernements, plutôt que d'investir directement dans le capital social, privilégient des stratégies indirectes faisant intervenir des groupes communautaires et des organisations non gouvernementales. Howard Duncan a soutenu que les ONG, motivées comme elles le sont par le désir de voir leurs actions porter des fruits et disposant d'une meilleure connaissance des conditions locales, sont plus aptes que les gouvernements à créer du capital social. Au cours de son exposé, il a déclaré que le rôle des gouvernements était de faciliter l'action communautaire. Michael Woolcock et Xavier de Souza Briggs ont tenu des propos semblables tout en insistant sur le fait que les solutions technocratiques ne sont pas toujours appropriées et que la décentralisation au niveau local produit souvent de meilleurs résultats. Briggs a suggéré, par exemple, que la création de groupes à mandat particulier et composés de personnes provenant de divers réseaux pourrait être le meilleur moyen pour générer des liens qui créent des ponts . Cette idée a été appuyée par Raymond Breton selon qui, après la famille et les cercles d'amis, ce sont ceux qui sont considérés comme « étant dans le même bateau » que les gens sont portés à vouloir aider.
Beaucoup d'intervenants ont estimé que la question de savoir comment pourraient être améliorées les interactions entre le gouvernement et les ONG, bien que très importante, pose problème. Selon John Helliwell, il y a des indices qui suggèrent que la confiance et les attitudes envers les institutions publiques soient en grande partie déterminées par l'expérience des immigrants dans leurs pays d'origine. Ces attitudes ne disparaissent que très lentement. Plus près de nous, comme l'a signalé Raymond Breton, les relations entre les ONG et les gouvernements sont instables en raison de la tendance de ces derniers à adopter des mesures financières coercitives pour contrôler le comportement des ONG. La stabilité à long terme ne peut reposer que sur la confiance. Eileen Sarkar a tenu à souligner que les ONG ne devraient pas être traitées par les gouvernements comme de simples tiers chargés de la prestation de certains services. Il faut plutôt les considérer comme des acteurs indépendants et leur permettre de s'exprimer librement. Appuyée par Allen Zeesman, elle a mis l'accent sur la nécessité pour les ONG et les organismes gouvernementaux de mieux se concerter.
Pour que les organismes communautaires puissent exercer un rôle sensiblement plus important dans la formation du capital social, leur capacité de consulter, d'élaborer des idées et de les mettre en œuvre devra être accrue. Debbie Douglas estime qu'il faut renforcer la capacité des organismes communautaires d'agir de manière stratégique et d'exécuter leurs projets. Pour cela, a-t-elle ajouté, les ONG doivent jouir d'un appui soutenu et accru. Ratna Omidvar a appuyé ce point de vue tout en signalant que l'action locale et le renforcement des capacités communautaires exigent une certaine persistance de la part des gouvernements, c'est-à-dire des engagements à long terme concernant les investissements dans les infrastructures communautaires.
Tout en insistant sur l'importance du développement communautaire et des infrastructures locales, les conférenciers ont également rappelé le rôle clé des gouvernements en vue d'accroître les possibilités d'accès des immigrants et des minorités aux institutions publiques et privées, de lutter contre la discrimination et d'aider les immigrants à obtenir la reconnaissance de leurs aptitudes et de leurs titres de compétences. On a estimé qu'il s'agissait là d'une question particulièrement importante dans les situations où l'exclusion sociale était attribuable à la discrimination et à des désavantages chroniques. Faisant état de ses recherches sur les efforts visant à établir des liens entre les nouvelles communautés d'immigrants et les institutions publiques et de favoriser la collaboration entre les groupes, Brian Ray a insisté sur le fait que les interventions requises soulevaient beaucoup de difficultés et exigeaient beaucoup de temps. Ces difficultés pouvaient s'expliquer en partie par la nécessité d'établir des liens entre les communautés et les groupes bureaucratiques, les uns et les autres fonctionnant selon des normes opérationnelles différentes. Toutefois, et de manière plus fondamentale, elles s'expliquent par l'incapacité des stratégies de capital social de prévenir une dépossession grave lorsqu'il n'y a pas d'autres formes d'investissement en capital. C'est, du moins, l'argument qu'ont fait valoir Ray et Li. Même avec ces investissements, comme l'a noté Bill Reimer, les groupes n'ont pas tous la même capacité de partager des ressources, sans doute parce qu'ils ne jouissent pas tous du même potentiel de liens d'attachement et de liens qui créent des ponts .
Le dernier point au sujet du rôle du gouvernement en ce qui concerne le capital social latent est une mise en garde. Plusieurs conférenciers ont souligné l'importance des interventions gouvernementales en vue de protéger le capital social et de prévenir son érosion. Souvent, la menace peut provenir du gouvernement lui-même. À plusieurs reprises, on a fait état des expériences en matière de renouveau urbain et des préjudices très graves qu'ont subi certains quartiers et communautés. On a aussi mentionné qu'il est beaucoup plus facile de détruire le capital social que de le créer et que la destruction du capital social est attribuable soit à des actions mal conçues ou à l'inaction. Tout cela s'applique en particulier aux nouvelles communautés et à celles souffrant d'exclusion.
Le débat sur le capital social était axé sur deux questions : le soi-disant côté sombre du capital social, à savoir les activités des bandes de jeunes et la formation d'enclaves raciales, religieuses et ethniques parfaitement organisées. Dans le texte de sa conférence et lors de sa présentation, Peter Li a traité de ces deux questions de manière approfondie.
Pour ce qui est du côté sombre du capital social, John Helliwell a soutenu que toute forme de capital pouvait être utilisée à des fins de destruction et a indiqué que le fait de considérer le capital social comme un cas particulier était une erreur. Cela dit, les comportements négatifs de groupes créent des externalités qui se traduisent par une diminution de l'appui en faveur de l'intégration et, dans le cas des immigrants, par des pressions accrues en vue de contrôler les effectifs et les admissions. Un comportement dysfonctionnel est parfois, encore que pas toujours, provoqué par des barrières à l'intégration et par le sentiment d'être traité injustement. Il peut également être un trait culturel « importé » ou acquis en vertu de l'appartenance à des groupes comme les bandes de jeunes ou les rassemblements religieux fondamentalistes.
Bien que Helliwell soit convaincu que l'on puisse faire abstraction du côté sombre du capital social, il s'agit d'une question importante pour les gouvernements. C'est ce qui est ressorti des observations de David Halpern sur les inquiétudes du Royaume-Uni concernant les troubles de nature raciale qu'a connus ce pays l'année dernière, ainsi que des interventions d'autres conférenciers au sujet du fondamentalisme religieux et de la sécurité nationale. Il convient de signaler en particulier les remarques de Raymond Breton, qui a insisté sur le fait que des événements traumatisants peuvent parfois détruire un capital social essentiel, soit les liens qui créent des ponts .
Malgré les nombreux ouvrages d'universitaires sur les enclaves et les inquiétudes qu'elles soulèvent dans les milieux gouvernementaux, les participants à la conférence ont accordé peu d'attention à cette question, sauf lors des discussions sur les liens d'attachement et leur contribution à l'évolution sociale et économique. La section sur l'intégration économique et sociale fait le point sur ces discussions. Beaucoup de conférenciers ont fait valoir qu'un capital social trop fortement constitué de liens d'attachement n'était pas sans créer de difficultés. John Martin, par exemple, s'est dit préoccupé par les effets de liens d'attachement trop serrés sur les perspectives économiques et sociales des personnes qui ont immigré récemment en Europe, en particulier ceux qui appartiennent à des groupes ayant un caractère religieux ou racial distinct et qui sont appelés à rivaliser avec de nouveaux arrivants dans une UE élargie. Annika Forsander, quant à elle, a parlé des difficultés qu'éprouvent les États-providence nordiques – caractérisés par une forte homogénéité et par des liens sociaux serrés – à intégrer les nouveaux arrivants.
La Commission australienne sur la productivité a également exprimé des inquiétudes concernant ce type de capital social et son effet sur l'intégration. Dans son rapport, la Commission estime que les gouvernements devraient réduire la « rente », un concept économique qui réfère aux avantages conférés aux élites économiques et politiques au sein des enclaves en raison de la mobilité limitée de leurs membres. Les formes d'intervention gouvernementale envisagées par la Commission portent essentiellement sur la réduction des barrières, l'enseignement public et les investissements dans le capital humain, surtout par le biais de l'éducation et de la formation.
L'opinion dominante lors de la conférence était que, compte tenu de leur contribution essentielle au succès économique, les liens qui créent des ponts et les liens entre les différentes couches sociales devaient être au cœur des interventions gouvernementales. Diverses mesures ont été proposées, en particulier des incitations fiscales visant à encourager le bénévolat et la participation des citoyens, des investissements dans le leadership et dans les organisations comme les conseils interconfessionnels, des investissements dans des programmes de rapprochement scolaires visant à montrer aux jeunes provenant des familles d'immigrants et de minorités comment se comporter dans différents milieux culturels, ainsi que des programmes de mentorat comme le Programme d'accueil de Citoyenneté et Immigration Canada, qui vise à établir des liens entre réfugiés et Canadiens bien établis. On s'est aussi montré optimiste au sujet des investissements dans les réseaux qui lient employeurs canadiens et associations d'immigrants ou immigrants entrepreneurs. Ces réseaux, croit-on, devraient faciliter l'intégration et réduire les barrières à la reconnaissance des titres de compétences. La section sur les objectifs stratégiques, et notamment sur l'intégration économique et sociale, traite plus abondamment de ce sujet.
Bien que l'on ait beaucoup insisté sur les réseaux sociaux et sur des définitions serrées du capital social, beaucoup de conférenciers se sont dits favorables à l'inclusion de la confiance et d'éléments similaires (comme la réciprocité et l'équité) dans l'inventaire des politiques afférentes au capital social. Les travaux de Robert Putnam et d'autres ont permis d'établir qu'il y a un lien entre la confiance et divers indicateurs économiques et sociaux, dont le PIB et l'investissement par habitant. On trouve des observations semblables dans les ouvrages publiés par la Banque mondiale, par les gouvernements, en particulier ceux du Royaume-Uni et de l'Australie, et par l'OCDE.
Certains conférenciers ont souligné le rôle que les gouvernements devraient jouer en vue de créer un cadre dans lequel seraient intégrées les relations économiques et sociales. Paquet et Reed (dans leur article paru dans Optimum ) conçoivent ce cadre comme un triangle civique comportant des droits, des devoirs et une appartenance. Pris comme un tout, ces concepts fixent des balises pour les négociations des « modalités d'intégration » et, par conséquent, sur la gestion de l'immigration et de la diversité. Paquet et Reed associent leur analyse à la citoyenneté. Toutefois, la topographie en question peut (et devrait) s'appliquer à toute une gamme de mesures comprenant la Charte, les politiques de lutte contre la discrimination, les lois sur le multiculturalisme et l'immigration et même le régime fiscal. Tous les responsables des politiques participant à la conférence estimaient que le rôle du gouvernement concernant la gestion de ce cadre revêt une très grande importance.
Tous les niveaux de gouvernement ont affecté d'énormes ressources aux programmes qui influent sur le stock et la répartition du capital social. Toutefois, le langage et les réflexions des responsables des politiques ne témoignent pas de cette réalité. Parfois, comme dans le cas du Programme d'accueil de Citoyenneté et Immigration Canada, cela a peu d'importance car les objectifs du programme sont structurellement semblables à ceux du capital social. Dans d'autres circonstances, toutefois, l'incidence du capital social est ignorée parce que les programmes – par exemple, le transport en commun ou les services de police – sont évalués uniquement à la lumière de leur objectif principal.
Les propos tenus par des responsables de politiques, certains à l'occasion de la conférence, suggèrent qu'ils sont généralement favorables à l'établissement d'un dispositif ou d'un processus qui obligerait les organismes gouvernementaux à évaluer l'incidence du capital social sur les politiques existantes et nouvelles. Pour être efficace, ce dispositif devrait avoir une portée qui n'est pas limitée à la tendance actuelle qui considère le capital social comme une « lentille ». En général, ces lentilles – évaluations de l'incidence effectuées selon une perspective particulière – reflètent des jugements a posteriori des analystes et n'agissent pas à titre d'apports stratégiques pour les décisions initiales concernant les politiques. Une proposition plus attrayante prévoit un audit stratégique fondé sur trois éléments : i) établir un cycle régulier d'examen des politiques correspondant au cycle d'enquêtes et de rapports du vérificateur général; ce cycle pourrait être renforcé par son rattachement à l'évaluation des programmes; ii) confier la responsabilité des vérifications de capital social à un organisme ou à un comité particulier, comme un comité parlementaire ou un autre organisme prestigieux, qui préparerait des rapports de capital social ou en confierait la responsabilité à un organisme délégué. On pourrait peut-être convaincre l'Association des sociologues canadiens d'exercer une fonction semblable à celle exercée par le U.S. President's Council of Economic Advisors ; iii) inclure dans cet organisme des représentants de tous les secteurs de la société, y compris les immigrants et les minorités, et soumettre régulièrement des rapports à ces derniers aussi bien qu'au gouvernement.
Comme indiqué précédemment, la conférence n'a pas permis d'établir un éventail d'idées susceptibles de contribuer à la formation d'un ensemble cohérent de politiques de capital social. On trouvera ci-dessous un échantillon d'observations présentées dans le cadre des exposés, de communications commandées et d'entrevues avec des responsables des politiques tenues avant la conférence. Ces observations ont été regroupées selon les sept objectifs stratégiques dont il est question au début du présent rapport. Tel que mentionné plutôt, ces objectifs ont été « imposés » aux participants. Ceux-ci n'ont pas été invités à traiter des objectifs avant la tenue de la conférence.
Plusieurs conférenciers ont indiqué que la gestion des conflits et la promotion de la tolérance revêtent une importance capitale. Au Royaume-Uni, les troubles raciaux sont une grande inquiétude pour le ministère de l'Intérieur (Home Office). Au Canada, les tensions ethniques et religieuses sont considérées comme un indice évident des limites de la capacité d'intégration.
On estime généralement que les politiques de capital social jouent un rôle critique dans la gestion des relations entre groupes différents. Robert Putnam a soutenu qu'un stock approprié de capital social est une condition préalable à la gestion de la diversité et à une réduction sensible des inégalités sociales. Howard Duncan, quant à lui, a cité la Charte, la Loi sur le multiculturalisme et des textes de loi sur la lutte contre la discrimination et sur la citoyenneté pour mettre en évidence le fait qu'elles constituent une infrastructure de capital social régissant les rapports entre les membres de la société. En revanche, Peter Li, Jean Tillie et plusieurs autres ont soutenu que l'absence d'un système de gouvernance juste et équitable pouvait inciter les groupes exclus à établir des structures défensives, à détruire le capital social existant et à saper l'efficacité des politiques publiques. À cet égard, Raymond Breton a observé que certains événements – par exemple, les attaques du 11 septembre – peuvent accroître les barrières entre groupes et détruire les liens qui créent des ponts .
On a aussi fait valoir que, en plus des mesures d'ordre macro, des actions locales pourraient jouer un rôle important dans la gestion des conflits. On a jugé que des interventions fondées sur des considérations de justice étaient particulièrement importantes, notamment des modifications institutionnelles visant à créer des liens entre la police et les communautés locales. Plusieurs conférenciers, dont Xavier de Souza Briggs et Michael Woolcock, ont parlé de l'importance de combler les écarts « eux-nous », ce qui favoriserait des identités plus générales et donnerait accès à des ensembles de ressources plus vastes. On a fait valoir que les organismes gouvernementaux ont un rôle clé à jouer dans ce processus et qu'ils doivent s'employer tout d'abord à supprimer les barrières. En outre, les politiques gouvernementales ont un rôle important en ce qui concerne l'établissement de ponts et la mobilisation des leaders communautaires, ceux-ci devant contribuer au règlement des conflits au sein de leurs communautés. Les exemples comprenaient les conseils conjoints de chefs religieux. On a proposé aussi d'autres orientations, comme la création d'un espace public visant à favoriser l'interaction entre les groupes et le développement de liens qui créent des ponts .
Le rôle des politiques gouvernementales dans le développement du capital social et le renforcement de la sécurité a été généralement ignoré lors de la conférence, bien que certains responsables des politiques du Canada et du Royaume-Uni y aient fait allusion. Alfred MacLeod a soutenu que toute atteinte à la sécurité publique était susceptible d'entraîner des coûts élevés et de fragiliser les appuis dont jouissaient les politiques d'intégration. D'autres allusions aux questions de sécurité ont été faites dans le contexte des discussions sur l'importance de donner aux autorités une marge de manœuvre suffisante pour mettre en place des mesures de sécurité essentielles sans compromettre l'appui public à l'intégration des minorités. Gurchand Singh a tenu à rappeler que beaucoup de minorités ethniques manifestent un niveau de confiance supérieur à la moyenne à l'égard des institutions publiques et des figures politiques (mais pas à l'égard des institutions judiciaires).
Les investissements de capital social jugés nécessaires dans le domaine de la sécurité étaient en général comparables à ceux concernant la gestion des conflits et la promotion de la tolérance. Ces investissements comprenaient une législation cadre, des politiques d'intégration et une réaction des autorités face aux crises. On a aussi insisté sur la nécessité de mieux cibler les mesures pour promouvoir les liens qui créent des ponts et favoriser des liens entre les communautés minoritaires (en particulier les minorités visibles) et les institutions s'occupant des questions de justice, de sécurité et de défense. Plusieurs conférenciers ont parlé de la nécessité d'effectuer des investissements de capital social dans des organismes comme les conseils français et britannique musulmans, lesquels permettent de réunir les leaders des minorités et des groupes dominants afin de promouvoir la confiance entre les communautés et aider à renforcer l'appui accordé aux interventions gouvernementales.
Il y a eu peu de discussion au cours de la conférence sur le rôle que pourraient jouer les investissements de capital social pour défendre les intérêts internationaux du Canada en matière de développement et dans d'autres domaines. Toutefois, les propos de Peter Li sur les réseaux transnationaux et ceux de Michael Woolcock et d'autres conférenciers sur le capital social et sur l'intégration en tant que processus de rattachement et de détachement (l' « ancien » capital social se détruisant à mesure qu'apparaît le « nouveau » capital) laissent entrevoir la possibilité de tels investissements.
Les améliorations dans les transports et les communications ont renforcé les liens transnationaux. Il en est résulté des canaux à double sens où peuvent s'exercer certaines influences et s'appliquer certaines politiques intérieures. Toutefois, comme les canaux font intervenir des personnes plutôt que du capital physique, ce sont des facteurs comme la loyauté, l'identité et la solidarité sociale qui détermineront l'ampleur et la direction des prestations. Tout cela porte à croire que les autorités publiques ont intérêt à promouvoir les liens qui créent des ponts et les liens entre les différentes couches sociales (entre les groupes de la diaspora et leurs communautés d'origine, tout en affaiblissant les liens d'attachement par le biais de mesures visant à « détacher » en partie, mais pas complètement, les groupes de la diaspora de leurs pays d'origine.
Jusqu'à tout récemment, les interventions gouvernementales n'étaient rien de plus que des mesures prises par les sociétés d'accueil pour intégrer les nouveaux immigrants, tandis que leurs familles et leurs amis à l'étranger cherchaient à maintenir leur loyauté et à bénéficier de l'accès aux ressources de leur milieu d'accueil. Ce monopole des sociétés d'accueil est maintenant critiqué par les pays d'émigration, lesquels cherchent à maintenir des liens avec les groupes de la diaspora (pas uniquement les immigrants) afin de bénéficier de leur influence et de leurs ressources. Ces intérêts ont conduit les pays d'émigration à modifier leurs lois de citoyenneté, à établir des réseaux de communication et à promouvoir des liens sociaux entre expatriés et communautés nationales.
À l'ouverture de la conférence, John Martin a parlé de démographie, et en particulier du vieillissement et de la diminution (prévue) des populations des pays de l'OCDE. Ces changements, a-t-il rappelé, obligent (ou vont bientôt obliger) les États membres à multiplier leurs sources d'approvisionnement de main-d'œuvre en important de l'étranger des travailleurs qualifiés et non qualifiés. Recruter et conserver des travailleurs qualifiés est un problème important pour les pays ayant peu d'expérience dans la gestion des immigrants et l'intégration des minorités.
Le Canada se heurte lui aussi à des problèmes de recrutement et d'intégration. Alfred MacLeod a souligné que « …les politiques canadiennes de recrutement et de sélection avaient besoin d'être révisées » et que « …il faut apporter un nouveau dynamisme à notre programme d'immigration ». Elizabeth Ruddick a présenté des observations sur cette question, notant que le Canada n'avait pas su pleinement mettre à profit le capital humain – les compétences, l'expérience et la formation – des immigrants. Les marchés canadiens de la main-d'œuvre ne reconnaissent pas ou ne rémunèrent pas de manière satisfaisante l'expérience ou la formation acquise par les immigrants à l'étranger. Non seulement l'intégration des immigrants s'en trouve entravée, mais leur sélection n'est pas optimale et prive le Canada de l'apport d'immigrants qualifiés.
Le groupe ayant enregistré le déclin le plus prononcé en matière de performance économique est celui des nouveaux arrivants de pays non francophones et non anglophones. On explique ce phénomène par les difficultés linguistiques, une connaissance insuffisante des pratiques commerciales des pays occidentaux, la discrimination, les réticences des employeurs et un manque de liens qui créent des ponts . Selon Elizabeth Ruddick, les premières données provenant de l'Étude longitudinale des immigrants indiquent que ceux-ci, quelle que soit la catégorie dont ils relèvent, choisissent leur lieu de travail et de vie en s'appuyant sur l'avis de parents ou d'amis plutôt que sur les conditions du marché du travail. Des résultats similaires ont été obtenus en Australie. Tout cela suggère que les immigrants et les groupes minoritaires pourraient tirer profit des liens qui créent des ponts , c'est-à-dire des liens plus serrés avec les principales organisations du marché du travail, y compris les bureaux d'emploi et les associations d'employeurs. À cet égard, Sue Richardson a rappelé que les immigrants australiens préfèrent obtenir de l'aide des bureaux d'emploi publics plutôt que des associations ethniques. Des liens plus serrés avec les organisations desservant la population en général contribueraient en outre à résoudre les difficultés soulevées par Peter Li concernant le confinement des immigrants à des économies enclavées.
En ce qui concerne les politiques de sélection, on a mentionné que le système de sélection du Canada a récemment été modifié puisque l'on accorde maintenant plus d'importance aux réseaux sociaux et à une combinaison de liens d'attachement et de liens qui créent des ponts . Des points supplémentaires sont dorénavant accordés à des candidats ayant des parents de nationalité canadienne ou ayant étudié ou travaillé au Canada. De plus, on met l'accent sur le recrutement d'étudiants étrangers qui ont été inscrits dans des universités canadiennes et qui, par la suite, ont travaillé au pays au cours de l'année ayant suivi l'obtention de leur diplôme.
En plus de renforcer la main-d'œuvre du Canada, certains analystes estiment que les immigrants et les communautés des diverses diasporas peuvent agir à titre de véhicules pour la promotion de nos exportations. Les tenants de ce point de vue insistent sur l'importance du réseau commercial transnational chinois et soutiennent que le Canada, grâce à ses nombreux immigrants provenant de Hong Kong, a accédé à ce réseau et, indirectement, au marché chinois. Pour mettre pleinement à profit les liens présomptifs actuels, il faudrait que les Canadiens originaires du Hong Kong soient mieux intégrés aux réseaux commerciaux nationaux. Si cette observation se révèle juste, les relations commerciales pourraient être renforcées en recrutant des immigrants du monde des affaires et en les intégrant aux principaux cercles d'affaires canadiens. Les industriels canadiens se trouveraient ainsi à obtenir un meilleur accès aux réseaux commerciaux d'outre-mer. Cette approche trouve une illustration approximative dans les missions commerciales d'Équipe Canada.
Pour ce qui est de l'intégration, on trouve dans les politiques élaborées par d'autres pays des méthodes innovatrices pour développer les liens qui créent des ponts et les liens entre les différentes couches sociales . Israël, par exemple, administre un programme en vertu duquel les immigrants ayant une formation scientifique travaillent sur des « projets d'incubation » ponctuels dans les universités avant de passer au secteur privé.
L'intégration économique et sociale des immigrants est le défi les plus important posé par la gestion de la diversité. Il faut parvenir à un équilibre délicat. L'intégration présuppose un affaiblissement des liens anciens et la formation de nouveaux liens au sein de groupes et dans la société. Alfred MacLeod voit dans cette description une manière plus sophistiquée de réfléchir sur l'intégration et s'est demandé si le capital social offrait de nouvelles idées concernant la capacité d'absorption des immigrants.
Les gouvernements se montrent très soucieux de faire en sorte que les politiques d'immigration et de diversité n'aggravent pas les clivages existants. Carolle Simard estime qu'il faut réfléchir sur les frontières et concevoir la participation comme une sorte de mouvement transfrontalier visant une fin précise et, partant, susceptible de se prêter à une intervention publique. Récemment, certains responsables des politiques ont commencé à parler d'un paradigme d'intégration nouveau et plus brutal. Leurs inquiétudes portent essentiellement sur l'écart de revenus qui est apparu entre immigrants et Canadiens nés au pays. Comme on l'a déjà indiqué, cet écart ne peut s'expliquer par des facteurs liés au marché du travail ou au capital humain. Certains indices suggèrent qu'il s'agit plutôt d'un problème résultant d'attitudes discriminatoires, d'une connaissance insuffisante des pratiques commerciales occidentales et de ce que l'on appelle poliment des facteurs « culturels ».
S'ajoute à tout cela le fait que l'écart des revenus concerne surtout les membres des minorités visibles, en particulier les Noirs. Comme plus des trois quarts des nouveaux arrivants au Canada sont considérés comme faisant partie de minorités « visibles », le racisme et la discrimination pourraient en principe avoir un effet préjudiciable sur une majorité d'immigrants et les empêcher de contribuer à l'avenir du pays. Les écarts de revenus se sont également traduits par des taux de pauvreté plus élevés parmi les immigrants. Ces taux ont beaucoup augmenté au cours des deux dernières décennies. Le rapprochement entre pauvreté et appartenance à un groupe minoritaire met en doute le modèle multiculturel et égalitariste canadien et soulève des questions fondamentales sur l'efficacité des politiques d'immigration et d'intégration. On craint que le Canada ne soit aux prises avec une classe défavorisée fondée sur l'ethnie, la race ou la religion.
Bien que de nombreux chercheurs aient tenté d'expliquer les difficultés éprouvées par les nouveaux arrivants surtout par la discrimination, cette explication ne fait nullement l'unanimité. Sans nier l'existence de telles barrières, plusieurs chercheurs estiment que les explications les plus importantes sont liées aux modifications structurelles du marché du travail, à des connaissances linguistiques insuffisantes et au fait que les membres des groupes minoritaires n'entretiennent pas de rapports sociaux en dehors de leur cercle immédiat. Selon ce « modèle », les carences linguistiques ont pour conséquence qu'il n'y a pas de liens véritables en dehors de la communauté ethnique. Les nouveaux arrivants et les minorités sont ainsi confinés à des enclaves économiques. Cette explication rejoint les observations d'Elizabeth Ruddick selon qui les réseaux (ou leur absence) pourraient jouer un rôle essentiel dans le processus initial de recherche d'un emploi et qu'il faut le plutôt possible arriver à mieux comprendre ce phénomène.
Les conférenciers se sont penchés notamment sur le potentiel des liens d'attachement et des liens qui créent des ponts pour atténuer l'exclusion sociale et les situations économiques inéquitables. Les liens qui créent des ponts , en particulier, sont considérés comme essentiels au succès économique et on les conçoit donc comme un élément stratégique approprié pour jauger les interventions gouvernementales. Bien que bon nombre des arguments aillent dans le sens des politiques établies, comme une meilleure formation linguistique, une sélection plus rigoureuse, des mesures pour lutter contre la discrimination et un meilleur accès aux institutions publiques, l'idée que le gouvernement devrait intervenir pour générer des liens qui créent des ponts est nouvelle. Il existe bien des programmes de transition visant à aider les réfugiés (voir l'analyse ci-dessous) et, de manière plutôt modeste, les minorités. Toutefois, en donnant beaucoup plus d'ampleur à de telles mesures, on s'éloignerait des pratiques existantes. Xavier de Souza Briggs a présenté un exemple de ces pratiques tirées d'un autre domaine. Il a décrit les effets de la déségrégation scolaire aux États-Unis. Bien que le transfert des élèves hors de leurs districts locaux ait perturbé les rapports avec leurs communautés d'origine, ils ont pu établir des contacts avec d'autres groupes et ont acquis les compétences requises pour établir de tels liens, ce qui leur a permis de mieux réussir professionnellement et économiquement.
Malgré l'accent mis sur les interventions gouvernementales en vue d'accroître les liens qui créent des ponts , il subsiste des questions importantes concernant le rôle des liens d'attachement. John Helliwell, par exemple, s'est demandé si ces deux types de capital sont complémentaires ou s'ils se font concurrence. Quant à Annick Germain, elle a soulevé certaines questions concernant le dosage optimal entre ces deux formes de capital social et sur leur ordonnancement. Serait-il dans l'intérêt de la société, a-t-elle demandé, de promouvoir les liens d'attachement? Les interventions publiques devraient-elles être axées sur une forme au détriment de l'autre? Ou les interventions devraient-elles viser d'abord une forme de capital social, puis l'autre? Dans le document qu'il a présenté à la conférence, Peter Li suggère que les liens d'attachement – le ciment qui tient les enclaves ensemble – est bénéfique à court terme mais limite la performance économique à long terme. Ce point de vue est semblable à celui adopté par Paul Bernard et Fiona Kay dans leur article "The Structure and Dynamics of Social Capital: Who Wants to Stay in if Nobody is to be Out?". Kay et Bernard soutiennent que « les liens épais » (c'est-à-dire les liens d'attachement) réduisent les coûts et les risques afférents à l'intégration initiale mais, à long terme, produisent des résultats économiques moins satisfaisants. Ils rejoignent en cela les observations de Breton selon qui il est généralement plus profitable d'investir en dehors de la communauté immédiate.
Plusieurs participants ont formulé des mises en garde au sujet du consensus sur l'importance des liens qui créent des ponts . Paul Bernard et Annick Germain ont indiqué, respectivement, que les possibilités de recours aux liens qui créent des ponts et aux liens entre les différentes couches sociales ne sont pas réparties uniformément et que la capacité d'exploiter le capital social varie d'un quartier à un autre. Michael Woolcock, qui a établi une équivalence entre « liens entre les différentes couches sociales » et accès, a adopté un point de vue identique. Il en va de même de Peter Li, qui estime que l'efficacité des ressources fondées sur la classe n'est pas sans limites. Ce point a été mis en relief par Brian Ray, qui a rappelé qu'il faut du temps pour développer du capital créateur de liens efficaces entre les institutions publiques et les communautés gravement dépourvues. Tout cela exige aussi des stratégies sophistiquées et doit être appuyé par d'autres formes d'investissement en capital, en particulier des investissements dans les ressources financières et humaines. Dans la même veine, Debbie Douglas a mentionné que « tous ne disposent pas de réseaux et les divers réseaux n'ont pas tous la même capacité ». Ce point de vue a été renforcé par Bill Reimer, dont les recherches indiquent que les réseaux dotés de ressources semblables n'ont pas tous la même capacité de les exploiter.
Mis à part le débat général sur la question de l'intégration, certaines questions de nature plus particulière ont été soulevées au cours de la conférence. Plusieurs conférenciers ont parlé de l'importance de concentrer les efforts de recherche sur les réussites (ou l'absence de réussite) des membres des deuxième ou troisième générations plutôt que sur les nouveaux arrivants. En général, les enfants des immigrants réussissent bien sur le plan scolaire. Toutefois, la variabilité des résultats scolaires est telle que les trajectoires éducationnelles de certains enfants paraissent parfois compromises par les circonstances économiques et sociales de leurs parents. Selon John Helliwell, bien que la concentration ethnique dans les écoles ne soit pas un problème, le rôle des réseaux, notamment dans les premières étapes de la formation scolaire, devrait faire l'objet d'études plus approfondies.
Un autre point qui a été soulevé concerne l'opportunité pour les autorités fédérales et provinciales de modifier la répartition géographique des immigrants et des minorités de manière à ce que ceux-ci ne soient pas concentrés dans quelques régions métropolitaines. Une telle stratégie exigerait des investissements importants dans la capacité d'intégration des petites villes et des régions. Comme les immigrants comptent surtout sur l'aide de parents et d'amis au début de leur installation (et ce malgré le fait que les données australiennes suggèrent qu'ils préfèrent recourir aux services offerts à la population en général plutôt qu'à ceux des organisations ethniques), il s'agirait là d'un défi de taille. On pourrait envisager de nombreuses reconfigurations des politiques fondées sur l'admission d'une masse critique d'immigrants et sur des investissements bien planifiés dans les liens qui créent des ponts.
Les Canadiens établissent un lien entre leur souci de bâtir un pays, d'une part, et l'immigration et la diversité, d'autre part. Il s'ensuit que le Canada est à l'avant-garde de la modernité, laquelle comporte pourtant certaines contradictions. Pour bâtir un pays, il faut des citoyens ayant des buts communs et soucieux de faire équipe. Par ailleurs, comme le souligne Robert Putnam, l'accroissement de la diversité réduit la confiance que les personnes se témoignent les unes les autres. (Dans le cas du Canada, les recherches effectuées par Statistique Canada et Patrimoine canadien ont produit des résultats équivoques.) Tout cela suggère que la gouvernance dans une conjoncture de forte immigration et d'accroissement rapide de la diversité pose des défis plus importants que ceux auxquels on se heurtait autrefois. John Helliwell a fait deux observations pertinentes à cet égard : premièrement, la relation inverse entre confiance et diversité semble disparaître dès lors que l'on tient compte des indices qualitatifs de gouvernance; deuxièmement, il ne va pas de soi que le « modèle » canadien privilégiant la tolérance par rapport à la conformité crée de la confiance plus rapidement.
Le problème fondamental auquel doivent s'attaquer les autorités publiques partout dans les pays de l'OCDE est celui de la prévention (et, là où cela est possible, la suppression) des clivages ethniques, raciaux et religieux. Il s'agit avant tout d'éviter la stigmatisation et les tensions sociales qui sont apparues dans plusieurs pays européens, où une partie de l'opinion estime que les minorités ne contribuent pas au développement national et sont à l'origine des problèmes de criminalité et de dépendance sociale. À cet égard, certains conférenciers, dont Carolle Simard et Michael Woolcock, ont souligné l'importance du capital social comme moyen de combler les écarts et de créer des identités de portée plus générale. John Helliwell a aussi traité de cette question en rappelant que le capital social augmente la perméabilité des frontières entre les groupes.
Plusieurs conférenciers ont déclaré que les gouvernements se devaient de favoriser l'appartenance. Robert Putnam recommande en particulier des mesures destinées à promouvoir la participation civique, qu'il considère comme un facteur déterminant de la confiance. Il rejoint en cela les préoccupations du ministère de l'Intérieur du Royaume-Uni sur la nécessité d'un renouvellement communautaire et d'une plus grande participation aux institutions démocratiques. (Paradoxalement, les recherches de Jean Tillie suggèrent que les communautés ethniques disposant de beaucoup de liens d'attachement se distinguent par une participation politique relativement élevée.) D'autres participants, dont Howard Duncan, ont dit être d'accord avec Putnam et favorisent des interventions gouvernementales visant à affermir la confiance. Comme déjà indiqué, ces interventions devraient inclure une législation sur la citoyenneté, des mesures destinées à protéger les minorités contre la discrimination et d'autres interventions-cadres. Ces mesures encouragent les investissements dans les biens publics, diminuent l'incidence des « profiteurs », stimulent le bénévolat et consolident les appuis de l'ensemble du secteur privé.
Exception faite des mesures générales visant à créer de la confiance, on a beaucoup insisté sur la nécessité d'interventions susceptibles de faciliter l'accès des immigrants et des minorités aux institutions publiques et privées. Eileen Sarkar a traité de l'importance des changements institutionnels et d'un meilleur accès et a fait valoir qu'il s'agissait là d'un des grands défis que le ministère du Patrimoine canadien sera appelé à relever. Elle a mentionné que son ministère devait améliorer ses liens avec les nouvelles communautés et aider les autres ministères à améliorer les leurs. C'est pourquoi Patrimoine canadien a entrepris de réviser sa stratégie d'octroi de subventions et cherche à faire en sorte que ses dépenses tiennent compte des intérêts stratégiques du Canada. À cet égard, Annick Germain a mentionné que le Canada et le Québec ont modifié les modalités de leur soutien financier et non financier : ce sont les groupes de citoyens plutôt que les ONG mono-ethniques qui sont maintenant privilégiés. À titre d'exemple, elle a mentionné les politiques visant à décourager l'utilisation de terrains municipaux de soccer par des ONG mono-ethniques.
L'intérêt des universitaires s'est également porté sur les mesures visant à établir des ponts et des liens avec les groupes d'action communautaire. Xavier de Souza Briggs a fortement recommandé la création de groupes chargés de mission parce que ceux-ci contribuent au développement d'une identité commune et de liens qui créent des ponts .
Les conférenciers ne se sont pas penchés sur les entreprises humanitaires canadiennes ou sur la difficulté d'intégrer des groupes ayant peu de contacts avec le monde extérieur ou disposant de peu de capital physique ou humain. Les données sur la performance économique des réfugiés donnent une idée de l'ampleur de ces problèmes. Le peu d'attention accordé aux problèmes des réfugiés est regrettable pour deux raisons : premièrement, parce que les Canadiens se sont maintes fois montrés disposés à investir dans le capital social au profit des réfugiés; et, deuxièmement, parce que certains des programmes les plus innovateurs en matière de production de liens qui créent des ponts porte sur l'immigration humanitaire. On pourrait mettre au point des expériences naturelles très intéressantes faisant intervenir diverses provinces et catégories d'immigrants, y compris des expériences visant des réfugiés parrainés par les autorités gouvernementales (soit le groupe possédant le moins d'atouts et les réseaux les moins développés).
L'appui accordé aux réfugiés peut être fondé sur la conviction qu'ils ont été traités de manière injuste. Selon Raymond Breton, c'est là le principal motif de leur acceptation. Quelle qu'en soit le fondement, le désir d'aider les réfugiés a permis aux autorités canadiennes d'obtenir des appuis importants de plusieurs institutions, notamment les groupes religieux, mais aussi les sociétés et les groupes privés. C'est ainsi que sont apparus des programmes comme le Programme d'accueil (une initiative fondée sur le mentorat) et le Programme de parrainage des groupes privés, lequel, en plus de promouvoir le mentorat, fournit une aide financière et facilite l'accès aux institutions. Le programme de parrainage a rendu possible l'admission de quelque 50 000 Vietnamiens (les « boat people ») de 1979 à 1981. Ces programmes illustrent brillamment les résultats que l'on peut obtenir en investissant dans le capital social.
Les programmes de réfugiés ont également bénéficié de la collaboration constante entre les organismes fédéraux, provinciaux et municipaux et de leurs rapports avec les ONG locales et les organisations internationales. En étendant ces liens à d'autres domaines de la gestion de la diversité, on pourrait obtenir des avantages importants, notamment pour les nouveaux arrivants et pour les minorités gravement désavantagées. À cet égard, Putnam et Breton ont mentionné que les sociétés riches en capital social sont plus disposées à agir de manière non discriminatoire.
La conférence avait pour objet d'analyser le rôle du capital social dans la vie des immigrants et des membres des communautés ethno-culturelles. Il s'agissait d'évaluer les possibilités d'intervention gouvernementale dans la formation du capital social en vue d'assurer une meilleure gestion de l'immigration et de la diversité. Le Projet de recherche sur les politiques souhaitait aussi s'interroger sur la mesure dans laquelle les enseignements de la conférence peuvent se prêter à des généralisations. Deux questions se posent. Premièrement, la conférence a-t-elle été un succès? Et, deuxièmement, le capital social a-t-il un avenir en tant que mécanisme d'intervention? La réponse à la première question est claire; la deuxième est équivoque.
Dans l'ensemble, la qualité des débats a été très élevée. Les participants étaient des grands spécialistes; les exposés étaient bien préparés; les séances de discussion ont donné lieu à des échanges fructueux; et personne n'a quitté la conférence sans avoir accru ses connaissances. Selon ces critères, la conférence a été un véritable succès. Toutefois, il est plus difficile de déterminer si la conférence a permis d'établir des arguments solides en faveur d'une politique générale de capital social. Il y a plusieurs facteurs susceptibles d'expliquer cette ambiguïté.
La première observation qu'il convient de faire, c'est que les chercheurs voulant appliquer certaines idées y ont joué un rôle plus important que les responsables des politiques espérant trouver des solutions à leurs problèmes. C'est pourquoi les présentations portaient généralement sur des relations de niveau élevé et comportaient peu de données sur des phénomènes particuliers. D'où la difficulté de formuler des conclusions fermes et équilibrées au sujet de leur utilité pour l'élaboration des politiques.
Cinq grandes conclusions s'imposent :
Le temps des définitions est révolu. Il faut dorénavant axer les recherches sur un éventail de concepts tels que les réseaux sociaux (notion fondamentale), la confiance, les normes et les institutions. Cette démarche s'accorde parfaitement avec celle adoptée par le PRP. Si on rétrécit trop la perspective, on risque de tuer le marché.
Des progrès énormes ont été accomplis concernant l'obtention de données de haute qualité. Il s'agit d'un domaine ayant acquis une certaine maturité, à tel point qu'il peut soutenir un solide programme de recherches axées sur les politiques. On devrait également être en mesure d'élaborer des expériences naturelles et de diriger des projets pilotes soigneusement élaborés.
Il y a de bons arguments militant en faveur d'une reconnaissance par les pouvoirs publics de l'importance du capital social et de son utilité pour l'analyse des questions stratégiques, notamment la gestion de la diversité. La plupart des conférenciers jugeaient souhaitable pour les gouvernements d'investir davantage dans les liens qui créent des ponts et les liens entre les différentes couches sociales afin d'améliorer la gestion de l'immigration et de la diversité.
Les politiques, en particulier les politiques nationales, doivent être formulées en tenant compte des possibilités d'engagement au niveau local, des comportements institutionnels et des pratiques de mise en œuvre.
Pour produire des résultats, les politiques de capital social doivent reposer sur des engagements à long terme, sans quoi on risque d'empirer les choses plutôt que de les améliorer.
Ces conclusions paraissent raisonnables. Le problème, c'est qu'il faut passer outre à ces généralités en vue d'occuper de nouvelles positions. La plupart des mesures débattues lors de la conférence s'apparentent à des politiques ou à des programmes existants de sorte qu'elles donnent une impression de déjà-vu.
Ce qui pose problème, ce n'est pas que les responsables des politiques soient incapables de concevoir de nouveaux programmes correspondant à une ou à plusieurs définitions du capital social ou que les nouveaux programmes soient sans valeur. Bien au contraire. Ce qui pose problème, c'est plutôt que les idées ne sont pas assez différentes pour justifier soit une nouvelle initiative, soit une révision de la nomenclature des politiques.
Bien que la conférence n'ait abouti à aucune recommandation précise sur les politiques gouvernementales, on y a exposé des idées importantes sur la façon dont pourrait être mis à profit le concept de capital social dans l'élaboration des politiques sociales. Ce concept pourrait servir :
d'outil intellectuel pour aider les responsables des politiques à mieux comprendre les phénomènes sociaux et à mieux saisir l'incidence des politiques;
de mécanisme pour renforcer la cohérence des politiques et la gestion stratégique des questions recoupant plusieurs sphères de compétence;
de stimulant pour promouvoir la collaboration entre gouvernements, ainsi qu'entre ministères et organisations non gouvernementales;
de mécanisme permettant de s'attaquer aux externalités et de corriger le sous-investissement dans les biens publics;
de stimulant pour promouvoir les investissements dans le capital social et pour stopper sa destruction;
de stimulant pour la conception de programmes et de pratiques susceptibles de promouvoir les réseaux sociaux et de renforcer la confiance; et
de mécanisme pour promouvoir une meilleure exploitation du capital social latent.
Ce qui est fondamental, c'est la façon dont on s'y prend pour concrétiser ces avantages dans une conjoncture caractérisée par une absence de nouveaux investissements majeurs dans le capital social.
Un mécanisme qui retient l'attention des organismes centraux est celui des « lentilles ». Concrètement, il s'agit d'exiger que toutes les propositions soumises à l'approbation du Cabinet comportent un énoncé d'incidence. Toutefois, l'expérience suggère que de telles mesures sont peu efficaces. Exception faite des lentilles visant l'incidence sur les relations fédérales-provinciales et l'incidence sur les communications, l'élaboration des politiques ne serait nullement modifiée. Une solution beaucoup plus étoffée consisterait à prévoir des vérifications stratégiques. Dans les pays européens, cette idée a donné lieu à la création d'« observatoires ». Toutefois, ces organismes n'exercent pas d'influence décisive et s'apparentent davantage à des ONG. Le présent rapport recommande de créer une fonction qui s'apparente davantage au travail du Vérificateur général.
Deux conditions minimales sont envisagées. La première porte sur la création d'un cycle régulier de vérification, la seconde sur l'attribution de prérogatives suffisamment importantes pour que les politiques à tous les niveaux s'en ressentent.
Le cycle de vérification aurait comme point de départ une évaluation indépendante des politiques et des pratiques d'un ministère en matière de capital social, laquelle se traduirait par un ensemble de recommandations. Chaque ministère donnerait suite aux recommandations en élaborant un plan d'action qui serait évalué ultérieurement. On pourrait envisager diverses modalités, y compris une obligation pour les groupes d'évaluation de prévoir un module de capital social.
Présentement, il n'y a aucun organisme ou ministère chargé d'exercer un contrôle en matière de capital social. Plutôt que de confier cette tâche à un organisme existant, il est recommandé que la fonction de vérification du capital social soit confiée à un organisme prestigieux comme un comité parlementaire, un institut de recherche ou un conseil d'experts semblable au U. S. President's Council of Economic Advisors. Il faudrait prévoir des ressources financières et humaines appropriées.
Avant de mettre en œuvre la recommandation sur l'établissement d'une capacité de vérification stratégique du capital social, il conviendrait de prendre certaines dispositions pour s'assurer que le moment est venu de mettre en œuvre cette idée. On pourrait, par exemple, passer l'idée au crible dans le cadre d'une série d'ateliers auxquels participeraient les principaux ministères responsables des politiques sociales, en particulier Citoyenneté et Immigration Canada, le ministère de la Sécurité publique et de la Protection civile, le ministère du Patrimoine canadien, le ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences, et Justice Canada. Les ateliers porteraient sur les politiques et auraient pour but d'analyser l'utilité des mesures de capital social comme instrument d'élaboration des politiques. L'accent serait mis sur l'établissement de mesures précises. En outre, les participants seraient invités à examiner le mandat et les activités de l'organisme de vérification stratégique projeté. Compte tenu des conclusions des ateliers, une décision serait prise sur l'opportunité d'obtenir l'appui des autres ministères en vue d'élaborer une proposition en bonne et due forme qui serait soumise à l'attention des ministres.
Conseil économique du Canada. 1991. Les nouveaux visages du Canada : incidence économique et sociale de l'immigration . Ottawa : Conseil économique du Canada.
Kay, Fiona M. and Paul Bernard (sous presse). "The Structure and Dynamics of Social Capital: Who Wants to Stay in if Nobody is to be Out?" In Diversity, Social Capital and the Welfare State. Fiona Kay and Richard Johnston (Editors).
Organisation de coopération et de développement économiques. 2001. Du bien-être des nations: Le rôle du capital humain et social . Paris : Publications de l'OCDE.
Paquet, Gilles, and Paul Reid. 2003. “Are there limits to diversity?” Optimum: The Journal of Public Sector Management 33 (1): 13-20.
Productivity Commission. 2003. Social Capital: Reviewing the Concept and its Policy Implications. Commission Research Paper, Productivity Commission, Australia.
8:15 Inscription et Déjeuner continental
9:00 Les fondements empiriques de notre compréhension
Président |
Doug Norris, Directeur général |
9:15 Session 1 - Sources de données sur l'immigration
Présidente |
Elizabeth Ruddick, Directrice Citoyenneté et Immigration Canada |
|
| Directrice, Citoyenneté et Immigration Canada | ||
Enquête longitudinale sur l'immigration au Canada |
||
| National Institute for Labour Studies, Université de Flinders | ||
|
Enquête longitudinale sur l'immigration en Australie |
|
Neil Nevitte |
Université de Toronto | |
|
Enquête sur les valeurs mondiales (Internationale) |
10:30 Pause santé
10:45 Session 2 - Sources de données sur la diversité ethnique
Président |
David Enns, Directeur général |
|
| Statistique Canada | ||
| Enquête sur la diversité ethnique (Canada) | ||
| Patrimoine canadien Patrimoine canadien |
||
|
Enquête sur la diversité ethnique (Canada) |
|
| Home Office, Royaume-Uni | ||
|
«Citizenship Survey» (Royaume-Uni) |
12:00 Dîner / Buffet
13:00 Session 3 - Sources de données générales sur le capital social
Présidente |
Janet Hagey, Directeur |
|
Grant Schellenberg Susan Stobert |
Statistique Canada Statistique Canada |
|
|
Enquête sociale générale : L'engagement social au Canada |
|
| Université de la Colombie-Britannique | ||
|
Enquêtes sur l'égalité, la sécurité et les communautés |
|
Tom Sander |
Saguaro Seminar : Université de Harvard | |
|
« Social Capital Community Benchmark Survey » (États-Unis ) |
|
| Australian Bureau of Statistics | ||
|
Sources de données et projets australiens sur le capital social |
|
| Department of Education and Science (Irlande) | ||
|
Sources de données et projets européens sur le capital social |
15:00 Session 4 - Initiatives internationales sur le capital social
Président |
Doug Norris , |
|
| OCDE | ||
| Office for National Statistics (Royaume-Uni) | ||
|
Table ronde |
16:00 Conclusion |
Doug Norris, Statistique Canada |
8:15 Inscription et Déjeuner continental
9:00 Mot de bienvenue et introduction
Coprésidents |
Jean-Pierre Voyer, Directeur exécutif, Projet de Recherche sur les Politiques |
|
John Martin |
9:20 Séance plénière 1
Définir le capital social dans un contexte d'élaboration de politiques visant l'intégration des immigrants et la gestion de la diversitéPrésident |
Jean-Pierre Garson, Chef de la division des pays non membres et des migrations internationales, Direction de l'emploi, du travail et des affaires sociales , OCDE |
|
9:20 Conférenciers |
||
Jeff Frank |
Projet de recherche sur les politiques |
|
Banque Mondiale |
||
| 10:30 Pause santé | ||
10:45 Conférenciers |
||
Howard Duncan |
Projet Metropolis |
|
Xavier de Souza Briggs |
Université Harvard |
|
Commentateur |
|
|
David Halpern |
Prime Minister's Strategy Unit (Royaume-Uni) |
11:45 Dîner et Conférencier principal
Donald J. Johnston |
Secrétaire général, OCDE |
13:30 Séance plénière 2
Le capital social dans le contexte de l'immigration et de la diversité :Présidente |
Cynthia Williams, Sous-ministre adjointe |
|
13:30 Conférenciers |
||
Université de la Saskatchewan |
||
Citoyenneté et Immigration Canada |
||
| 14:30 Pause santé | ||
14:40 Conférenciers |
||
Université de Helsinki |
||
Mouna Viprey |
Institut de recherches économiques et sociales (France) |
|
Commentateur |
|
|
Derek Hum |
Université du Manitoba |
15:30 Pause santé
15:45 Séance plénière 3
Le capital social dans le contexte de l'immigration et de la diversité :
L'éducation
Rôle des réseaux familiaux, de la culture étudiante, du statut d'immigrant et de l'origine ethnique sur les perspectives de vie et sur les résultats scolaires chez les enfants et les jeunes
Président |
Mike Sheridan, Statisticien en chef adjoint |
|
Université de Calgary |
||
Tahir Abbas |
Université de Birmingham |
|
Centre de Recherche sur l'Éducation et l'Innovation, OCDE |
18:30 Réception et Souper
Restaurant Verses, Vieux Montréal
-------------------------------------------------------------------8:15 Déjeuner continental
9:00 Séance plénière 4
Le capital social dans le contexte de l'immigration et de la diversité :Présidente |
Florence Ievers, Coordonnatrice |
|
Migration Policy Institute |
||
Université du Québec – Institut national de recherche scientifique |
||
|
Debbie Douglas |
Ontario Council of Agencies Serving Immigrants |
10:15 Pause santé
10:30 Séance plénière 5
Le capital social dans le contexte de l'immigration et de la diversité :Présidente |
Nathalie Des Rosiers, Présidente |
|
Carolle Simard |
Université du Québec à Montréal |
|
Université de Toronto |
||
Université d'Amsterdam |
||
Gurchand Singh |
Home Office (Royaume-Uni) |
|
Commentateur |
|
|
Thomas Faist |
University of Applied Sciences, Bremen |
12:15 Dîner et conférencier principal
Le capital social dans une société de diversité: Qui mise sur les liens affectifs? Qui mise sur les liens instrumentaux?
Robert Putnam |
Université Harvard |
14:00 Séance plénière 6
Le rôle du gouvernement et des intervenantsPrésidente |
Diane Vincent, Sous-ministre déléguée |
|
John Helliwell |
Université de Colombie-Britannique |
|
Université Yale |
||
Alain Théault |
Citoyenneté et Immigration Canada |
|
Ratna Omidvar |
Maytree Foundation |
15:30 Pause santé
15:45 Séance plénière 7
Réflexions sur les orientations politiques et la recherche - Table rondePrésidente |
Jocelyne Bourgon, Représentant permanent du Canada auprès de l'OCDE |
|
Alfred MacLeod |
Citoyenneté et Immigration Canada |
|
Cynthia Williams |
Développement des ressources humaines Canada |
|
Eileen Sarkar |
Patrimoine canadien |
|
Direction de l'Emploi, du Travail et des Affaires Sociales, OCDE |
||
Doug Norris |
Statistique Canada |
16:45 Conclusion de la conférence
Meyer Burstein |
Co-fondateur du Projet Metropolis |
Le mot de la fin
Jean-Pierre Voyer |
Directeur Exécutif, Projet de recherche sur les politiques |
Annexe 2 : Notes Biographiques
Tahir Abbas , B.Sc. (économie), Londres, 1993; M.Sc.Soc., Birmingham, 1994; Ph.D. (relations ethniques), Warwick, 2001. En 1998 et 1999, il était chercheur à l'Economic and Social Research Council (ESRC) attaché à la UCE Business School, où il étudia les minorités ethniques et le secteur de la restauration indépendante à Birmingham. Il a été agent de recherche principal au Home Office Research Development and Statistics Directorate et à l'unité de recherche du ministère des Affaires constitutionnelles, avant de se joindre au département de sociologie de l'Université de Birmingham à titre d'enseignant en sociologie et de directeur du Centre for the Study of Multiculturalism. M. Tahir a à son actif plus d'une vingtaine d'articles revus par un comité de lecture et de chapitres de livres. En 2004, sa monographie, intitulée The Education of British South Asians: Religion, Culture and Social Class , sera publiée par Palgrave-Macmillan, tandis qu'il publiera son livre British South Asian Muslims: a post-September 11 study , avec Zed Books. Il enseigne actuellement le module « Ethnic Relations in Britain: Historical and Contemporary Issues » aux étudiants de troisième année.
Chris Attwood est chercheur en sociologie au Home Office (Royaume-Uni). Il a dirigé un certain nombre d'études sociologiques au R.-U. Au cours des quatre dernières années, il a été responsable de la nouvelle enquête biennale du Home Office sur la citoyenneté. À ce titre, il a dû établir le modèle de l'enquête, de même qu'analyser et diffuser les résultats concernant entre autres la participation active des citoyens, la participation collective, les rapports de bon voisinage, les préjugés raciaux et la discrimination, les droits et les responsabilités, ainsi que la famille.
L'honorable Jocelyne Bourgon , Représentant permanent du Canada auprès de l'OCDE, est née à Papineauville, au Québec. Elle a fait des études en sciences et en gestion aux Universités de Montréal et d'Ottawa. En 1994, l'honorable J. Bourgon a été nommée greffier du Conseil privé et secrétaire du Cabinet, ce qui en a fait la dix-septième personne et la première femme à occuper cette charge. Mme Bourgon occupait la présidence du Centre canadien de gestion de 1999 à 2003 et exerce maintenant les fonctions de présidente émérite au Centre. L'apogée de son œuvre dans les domaines de l'apprentissage et des organisations apprenantes est l'annonce récente de la création de l'École de la fonction publique du Canada. Mme Bourgon est un membre actif de divers conseils et comités consultatifs internationaux, dont la Commonwealth Association for Public Administration and Management (présidente), le Conseil économique et social (ECOSOC) du Comité d'experts des Nations Unies en administration publique (cadre), le Groupe d'experts du Commonwealth sur le développement et la démocratie, le groupe consultatif du Singapore Civil Service College, le Forum des fédérations et l'Institut international des sciences administratives.
Raymond Breton est professeur émérite de sociologie. Au fil des ans, il a enseigné dans les universités suivantes : Toronto, Montréal, McGill, Johns Hopkins et Harvard (à titre de professeur invité en études canadiennes, en 1996-1997). Ses recherches portent principalement sur l'immigration, l'ethnicité, la langue et les relations intergroupes. Parmi ses dernières publications, mentionnons The Governance of Ethnic Communities: Political Structures and Processes in Canada (1991). Il a également collaboré à A Fragile Social Fabric? Fairness, Trust and Commitment in Canada (sous presse; The Illusion of Difference: Realities of Ethnicity in Canada and the United States (1994) ; Ethnic Identity and Equality: Varieties of Experience in a Canadian City (1990); Les frontières culturelles et la cohésion du Canada (1981) et Why Disunity? An Analysis of Linguistic and Regional Cleavages in Canada (1980) .
Xavier de Souza Briggs est professeur agrégé en politique publique à Harvard et adjoint invité de la chaire Martin Luther King, Jr. en études et planification urbaines au MIT (2002-2004). Il a effectué des recherches primées sur les jeunes, les politiques de logement et les possibilités économiques de l'Amérique urbaine. Il a par ailleurs été planificateur communautaire pour la Ville de New York, conseiller en chef pour le développement économique, le logement abordable et les changements régionaux auprès de la Maison-Blanche et du Congrès américain à l'époque où il œuvrait au sein du gouvernement fédéral, et conseiller auprès d'organisations nationales et internationales de premier plan. Sociologue de formation, il enseigne la politique et la planification urbaines, la résolution de problèmes communautaires, la négociation, de même que la stratégie organisationnelle. Ses recherches portent actuellement sur l'intégration réussie de la diversité dans les villes, sur des questions d'inégalité urbaine et d'évolution du voisinage, de même que sur la dynamique de résolution de problèmes démocratiques à l'échelle locale. Il est directeur-fondateur de l'Art and Science of Community Problem-Solving Project, à Harvard (www.community-problem-solving.net; en anglais seulement). M. Briggs détient un diplôme en ingénierie de Stanford, une maîtrise en administration publique de Harvard, de même qu'un doctorat de l'Université Columbia. Originaire des Caraïbes, M. Briggs a travaillé entre autres en Inde et en Afrique du Sud, ainsi que dans nombre de pays latino-américains et européens.
Meyer Burstein est expert-conseil de renommée internationale œuvrant dans le domaine des migrations et de l'intégration. Au cours de sa carrière au sein de la fonction publique canadienne, M. Burstein a cofondé Metropolis. M. Burstein a coprésidé le Comité directeur international de Metropolis et a été chef de direction de l'équipe canadienne du Projet Metropolis, qui fournit l'orientation stratégique générale pour ce Projet, tant à l'échelle nationale qu'internationale. De 1987 à 1995, M. Burstein a dirigé la Direction générale de la recherche et de l'analyse stratégiques au ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration. À ce titre, il était chargé de la gestion d'un programme global de recherche et d'analyse concernant des questions relatives à l'immigration et à la citoyenneté et de fournir des évaluations du renseignement stratégiques. Au cours de cette période, il a joué un rôle de premier plan dans l'élaboration des politiques d'immigration du gouvernement, en conseillant ce dernier , plus particulièrement en ce qui a trait aux aspects économiques du programme. C'est à lui que l'on doit le remaniement important des dispositions de la loi portant sur la gestion des flux d'immigration . M. Burstein a obtenu une maîtrise en science économique de l'Université Carleton en 1971 .
Jodey Michael Derouin est agent de recherche au Programme du multiculturalisme du ministère du Patrimoine canadien. Avant de joindre ce ministère, il a travaillé à titre de spécialiste de l'opinion publique à Communication Canada. Il a obtenu un baccalauréat ès arts en science politique et religion à l'Université Carleton et une maîtrise en études religieuses à l'Université McMaster. M. Derouin a satisfait à toutes les exigences rattachées à l'obtention d'un doctorat en science politique à l'Université McMaster, à l'exception de la thèse.
Nathalie Des Rosiers est présidente de la Commission du droit du Canada. Elle est professeure de droit en congé de la Faculté de droit (Common Law) de l'Université d'Ottawa. De 1987 à 2000, Mme Des Rosiers a été professeure à la Faculté de droit de l'Université de Western Ontario. Elle a été clerc du juge Julien Chouinard de la Cour suprême du Canada de 1982 à 1983 et a exercé le droit dans le secteur privé jusqu'en 1987. Mme Des Rosiers a été présidente de l'Association des juristes d'expression française de l'Ontario (AJEFO) et de la Canadian Law Teachers Association. Elle a été membre de la Commission d'appel de l'environnement de 1988 à 2000 et membre de la Commission de réforme du droit de l'Ontario de 1993 à 1996. Mme Des Rosiers a obtenu un baccalauréat en droit de l'Université de Montréal en 1981 et une maîtrise en droit de l'Université Harvard en 1984. Elle est devenue membre du Barreau du Québec en 1982 et du Barreau du Haut-Canada en 1987.
Howard Duncan a obtenu en 1981 un doctorat en philosophie de l'Université Western Ontario, où il a étudié l'histoire et la philosophie des sciences et a été boursier post-doctoral. Par la suite, il a enseigné la philosophie à l'Université d'Ottawa et à l'Université Western Ontario. En 1987, M. Duncan est devenu expert-conseil en planification stratégique, en élaboration de politiques et en évaluation de programmes. En 1989, il est entré au ministère de la Santé et du Bien-être social (aujourd'hui Santé Canada) à Ottawa, où il a travaillé dans les domaines de l'évaluation, de la planification et des politiques. En 1997, Il a été nommé directeur du volet international du projet Metropolis et a accédé au poste de chef adjoint de la direction en 2000. Il a succédé à Meyer Burstein à titre de chef de la direction en 2002. Il s'est surtout employé à maximiser l'utilité du Projet pour la collectivité des chercheurs en politiques en offrant aux chercheurs, praticiens et décideurs des forums propices aux échanges directs et francs, en étendant la portée géographique de Metropolis et en élargissant l'éventail des enjeux examinés. Il dirige également le Secrétariat international de Metropolis.
David Enns est directeur général à la direction générale des politiques stratégiques et de la recherche du secteur de la citoyenneté et du patrimoine à Patrimoine canadien. Il a également été analyste (Politique et Planification) à l'ancienne Commission de contrôle de l'énergie atomique, et pendant quelques années, directeur de la division des services à la référence et des services aux chercheurs aux Archives nationales du Canada. M. Enns est titulaire d'un baccalauréat spécialisé de l'Université de Winnipeg et d'une maîtrise en histoire du Canada de l'Université Dalhousie à Halifax.
Simon Field est né et a grandi à Belfast, en Irlande du Nord. Il a obtenu un premier diplôme en philosophie à Cambridge en 1973, puis un doctorat en philosophie de la politique sociale en 1978. Il a par la suite travaillé pendant huit ans comme spécialiste des sciences sociales. Après une maîtrise ès sciences en économie, il a fondé et dirigé l'unité d'économie du Home Office du Royaume-Uni, abordant diverses questions de justice pénale d'un point de vue économique. En 1990-1991, il a été professeur invité à l'école de justice pénale de l'Université Rutgers, aux États-Unis. En 1998, il a été nommé chef de division du ministère de l'Éducation et de l'Emploi du Royaume-Uni, où il devait fournir des conseils analytiques sur des questions internationales et en matière d'éducation supérieure. Depuis 2001, il travaille au Centre pour la recherche et l'innovation dans l'enseignement de l'OCDE, à Paris, concentrant ses efforts sur le capital humain et social. Auteur prolifique, il a abordé nombre de sujets, allant des comparaisons de la prestation des services d'incendie dans le monde entier aux bénéfices de l'éducation complémentaire.
Jeff Frank est attaché au Projet de recherche sur les politiques (PRP), où il dirige actuellement un projet interministériel sur Le capital social comme instrument de politique publique. Avant de se joindre au PRP en 1999, M. Frank travaillait au Centre des statistiques sur l'éducation, à Statistique Canada, où il a géré et dirigé des projets de recherche sur l'éducation et les possibilités d'emploi pour les jeunes, et sur la mobilité des étudiants diplômés du niveau postsecondaire. Après son entrée à Statistique Canada en 1990, il y a occupé plusieurs postes, notamment celui de rédacteur en chef de la publication Tendances sociales canadiennes . M. Frank a étudié en sciences politiques et en économie à l'Université de Toronto avant d'obtenir une maîtrise en administration publique à l'Université Carleton, à Ottawa.
Annick Germain , docteure en sociologie, a été professeure à l'Université de Montréal. Elle est actuellement professeure et chercheure en u rbanisation, culture et société à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) de l' Université du Québec, et a été directrice de l'Urbanisation à l'INRS pendant deux ans. À l'heure actuelle, elle se consacre à la recherche sur les quartiers, les réseaux sociaux, l'immigration, la gestion urbaine de la diversité culturelle et religieuse et l'urbanisme. Mme Germain est coauteure avec Damaris Rose de Montréal. A Quest for a Metropolis (London, 2000, Chichester, John Wiley & Sons).
David Halpern est conseiller principal à la Prime Minster's Strategy Unit (R.-U.). Ce service se concentre sur l'élaboration des politiques générales, à long terme, du Premier ministre. M. Halpern a auparavant occupé des postes à la Cambridge University, au Nuffield College (Oxford) et au Policy Studies Institute (Londres). Il est coauteur du document de travail du PMSU sur le capital social, et auteur d'un livre à paraître sur le capital social et ses répercussions sur les politiques (Polity Press, 2004). Il s'est intéressé aux effets de l'ethnicité et aux effets de groupes, aux valeurs et au changement de valeurs, de même qu'à l'analyse générale des politiques, comme en témoigne son livre Options for Britain: a Strategic Policy Review , dont on a beaucoup vanté les mérites.
Yvonne Hébert (Ph.D., Linguistique, UBC), professeure à l'Université de Calgary, est spécialiste des problématiques de la culture en éducation. Ses recherches actuelles portent sur la formation identitaire de jeunes immigrés, le transculturalisme, l'éducation francophone en milieu minoritaire, et l'éducation à la citoyenneté, plus particulièrement l'éducation des valeurs démocratiques et à l'identité nationale. Depuis 1998, elle coordonne le réseau international pour la recherche en éducation à la citoyenneté. Son dernier livre, sur la citoyenneté en transformation au Canada, est apparu en décembre 2002 sous les presses de l'Université de Toronto. En automne 2003, grâce à un octroi du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH), elle débute un nouveau projet de recherche, avec des co-chercheures à Winnipeg et à Toronto, sur la négociation de la différence et de la démocratie chez les jeunes canadiens et canadiennes au cours de leur projet identitaire. Cette recherche aborde la formation identitaire en tant qu'accumulation du capital social.
John Helliwell a enseigné l'économie à l'Université de la Colombie-Britannique de 1967 à 2002 et est actuellement chercheur invité au Merton College, à Oxford. De 1965 à 1980, il a assumé à temps partiel la fonction de conseiller en recherches auprès du département des Recherches de la Banque du Canada, où il a participé activement à l'élaboration des premiers modèles macroéconométriques de l'institution appliqués à l'économie canadienne et aux liens économiques internationaux. M. Helliwell est titulaire d'un doctorat en économique de l'Université d'Oxford. En 2001, il a occupé la chaire Christensen du St. Catherine's College, à Oxford, en tant que chercheur invité, et, de 1991 à 1994, il a été titulaire de la chaire Mackenzie King en études canadiennes à l'Université Harvard. M. Helliwell est l'auteur de plusieurs ouvrages sur des questions liées aux échanges commerciaux, dont How Much Do National Borders Matter? et Globalization and Well-Being , pour lequel on lui a décerné le prix Donner. Son expérience dans ces domaines lui sera un précieux atout dans l'exercice de ses fonctions d'économiste invité.
Derek Hum est professeur à la faculté d'économie et au Centre intégré de recherche et développement, ainsi que chargé de cours au St John's College à l'Université du Manitoba. Il est diplômé de l'Université Mount Allison, d'Oxford et de l'Université de Toronto, et ancien boursier de la fondation Cecil Rhodes. Il a été directeur de recherche à Mincome, le programme expérimental de revenu garanti du Canada. M. Hum a beaucoup publié dans diverses disciplines et sur un grand nombre de sujets. Il travaille actuellement sur des questions de main-d'œuvre relatives aux immigrants, aux minorités visibles et aux personnes handicapées, et sur les questions de vieillissement. Il est membre du Conseil national de la statistique.
Florence Ievers est la coordonnatrice de Condition féminine Canada, l'organisme du gouvernement fédéral chargé de promouvoir l'égalité entre les sexes et la pleine participation des femmes à la vie économique, sociale, culturelle et politique du pays. Mme Ievers est egalement la vice-présidente de la Commission interaméricaine des femmes (CIM), organisation spécialisée de l'Organisation des États Américains (OEA). Mme Ievers a des états de service très diversifiés puisqu'elle a fait carrière aux niveaux fédéral et provincial ainsi que dans le secteur privé. Elle a été notamment avocate à Québec; conseillère principale du Premier ministre du Canada ; directrice associée du cabinet du ministre des Relations internationales et des Affaires intergouvernementales canadiennes au gouvernement du Québec; et secrétaire adjointe du Cabinet, Affaires intergouvernementales, Bureau du Conseil privé du Canada. Elle a occupé le poste d'adjointe exécutive du président du Conseil du Trésor
L'honorable Donald J. Johnston , C.P., c.r., B.A., LL.L., D.C.L. (avec distinction), Ph.D. Écon. (avec distinction), est devenu secrétaire général de l'OCDE en 1996, après une carrière d'avocat et de politicien qui l'a amené à passer dix ans au Parlement canadien à titre de ministre titulaire de plusieurs portefeuilles importants. M. Johnston a été député de 1978 à 1988. Il a siégé au Cabinet en tant que président du Conseil du Trésor (responsable de la gestion de la fonction publique fédérale et du contrôle du budget national). Il a aussi été, successivement, ministre d'État chargé du développement économique et régional, ministre chargé des sciences et de la technologie, ministre de la Justice et procureur général du Canada. Après la défaite du gouvernement libéral en 1984, M. Johnston est devenu le porte-parole de l'opposition pour les finances, puis pour les affaires étrangères. M. Johnston a étudié les lettres et le droit à l'Université McGill, où il a obtenu en 1958 son diplôme avec une médaille d'or. De 1958 à 1959, il a été boursier à l'Université de Grenoble. Il a enseigné le droit fiscal à l'Université McGill de 1963 à 1976. Il est auteur de nombreux articles sur la taxation, le droit et les affaires publiques, ainsi que de plusieurs livres, notamment une autobiographie sur sa vie en politique qui a connu un franc succès.
Richard Johnston est chef du département de sciences politiques et Distinguished University Scholar de l'Université de la Colombie-Britannique, de même que membre associé du Collège Nuffield, à Oxford. Il a par ailleurs enseigné à l'Université de Toronto, au California Institute of Technology à Harvard (chaire Mackenzie King, 1994-1995) et à l'Université de Pennsylvanie. Il se spécialise dans l'étude de l'opinion publique, des élections et de la représentation au Canada, aux États-Unis et ailleurs, de même que des différents aspects de la société civile et du « capital social ». Il est auteur ou coauteur de nombreux essais – en particulier de Public and Opinion and Public Policy in Canada: Questions of Confidence ; Letting the People Decide: Dynamics of a Canadian Election ; The Challenge of Direct Democracy: The 1992 Canadian Referendum - ainsi que de plus de 40 chapitres d'ouvrages et articles de revues spécialisées. The Dynamics of Election , écrit en collaboration avec Kathleen Hall Jamieson et Michael Hagen, n'a pas encore été publié, tout comme Class, Race, and Partisan Change in the Postwar South , écrit en collaboration avec Byron Shafer.
Maryanne Kelly est chef de la division des inégalités socioéconomiques de l'Office for National Statistics (ONS) en Grande-Bretagne. Mme Kelly et son équipe de chercheurs rédigent des articles et des rapports analytiques sur le capital social et les inégalités sociales. Ces 12 derniers mois, elle a surtout concentré son travail sur l'élaboration d'une méthode gouvernementale britannique relativement à la mesure du capital social. Avant de se joindre à l'ONS en 2002, elle travaillait, et cela pendant plus de sept ans, au ministère australien des services à la collectivité et à la famille. Elle y a fait de la recherche sur les personnes défavorisées dans les collectivités australiennes et elle a mis au point des programmes sociaux visant à traiter ces situations.
Peter S. Li , Ph.D., est professeur de sociologie à l'Université de la Saskatchewan, et titulaire de la chaire en économie du Prairie Centre of Excellence for Research on Immigration and Integration. Ses recherches portent sur la race et l'ethnicité, l'immigration et le multiculturalisme. Parmi ses ouvrages, mentionnons Race and Ethnic Relations in Canada (Oxford University Press, 1999), The Chinese in Canada (Oxford University Press, 1988, nouv. éd. 1998), The Making of Post-War Canada (Oxford University Press, 1996), Racial Oppression in Canada (Garamond, 1988) et Ethnic Inequality in a Class Society (Thompson, 1988). Son dernier ouvrage s'intitule Destination Canada: Immigration Debates and Issues (Oxford University Press, 2003). Il a été expert-conseil pour divers ministères fédéraux en matière d'immigration, de multiculturalisme, de relations interraciales et de statistiques sociales. En 2002, il a reçu le prix Outstanding Contribution Award de la Société canadienne de sociologie et d'anthropologie, dont il vient en outre d'être élu président.
Alfred A. MacLeod a été nommé au poste de sous-ministre adjoint, Orientations stratégiques et communications, en juin 2001. À ce titre, M. MacLeod est chargé des Services exécutifs, des Communications, de la Politique stratégique et partenariat, des Priorités, planification et recherche stratégiques, de la Vérification interne et divulgations, et du projet Metropolis. Avant sa nomination au Ministère, M. MacLeod était premier vice-président des Associés de recherche EKOS, une entreprise nationale de recherche sociale. Ses fonctions consistaient à concevoir et à mettre en œuvre des politiques publiques intégrées ainsi que des stratégies relatives aux programmes et aux communications pour les décideurs de haut niveau au sein du gouvernement fédéral. Avant de se joindre aux Associés de recherche EKOS en 1998, M. MacLeod a occupé des postes de conseiller supérieur au cabinet du premier ministre et au cabinet du ministre du Développement des ressources humaines. Au cours de cette période, il a collaboré à plusieurs projets d'envergure en matière de politiques publiques dans le domaine du développement social et économique, fournissant un appui direct aux communications. Il a enseigné durant six ans au niveau secondaire à Liverpool, en Nouvelle-Écosse, avant de s'établir à Ottawa en 1990. M. MacLeod a obtenu une maîtrise en philosophie de l'Université d'Exeter au Royaume-Uni et deux diplômes de premier cycle, en éducation et en histoire, de l'Université Acadia, en Nouvelle-Écosse.
Alan Mackay a amorcé sa carrière au bureau australien de la statistique (ABS) après avoir obtenu un baccalauréat spécialisé en sciences (mathématiques et statistiques) à l'University of New England. Il s'est d'abord consacré aux méthodes, a obtenu un diplôme d'économie, et a ensuite été détaché pendant trois ans au ministère de la santé en qualité de statisticien avant de réintégrer le bureau de la statistique. M. Mackay a été nommé à son poste actuel de Statisticien adjoint, Direction des statistiques sur la santé et les collectivités, Groupe des statistiques sur la population en 2001. Sa direction est chargée des statistiques liées aux domaines suivants : santé (y compris la mortalité), invalidité, famille, collectivité, bien-être, capital social, problématique homme-femme, vieillissement, jeunes, culture et loisir, criminalité et justice. M. Mackay a piloté des projets pour l'Organisation mondiale de la santé et a représenté le ABS à plusieurs congrès internationaux, dont la Conférence internationale des statisticiens du travail et les rencontres du Groupe d'experts des classifications économiques et sociales internationales des Nations Unies (qu'il a présidé en 1999). M. Mackay dirige depuis trois mois le bureau régional du ABS à Adélaïde, en Australie-Méridionale. Il retrouvera d'ici peu son poste de responsable des statistiques sociales.
John P. Martin est directeur d'Emploi, travail et affaires sociales à l'OCDE, et il a également travaillé dans les domaines de la santé et des migrations internationales pour cette organisation. Après ses études d'économie au collège universitaire de Dublin, M. Martin a travaillé de 1970 à 1972 comme adjoint à la recherche à l'institut de recherche économique et sociale de Dublin; pendant cette période, il était également correspondant économique du journal Sunday Independent . Il a réalisé des études supérieures au Nuffield College, à Oxford. En 1975, il est devenu maître de recherche au Nuffield College et chargé de cours en économie au Merton College, à Oxford. Depuis ses débuts à l'OCDE en 1977, M. Martin a occupé plusieurs postes dans sa direction actuelle et au Département des Affaires économiques. M. Martin siège au comité scientifique de l'institut des études pour la programmation économique (ISPE), à Rome, ainsi qu'au Réseau international du travail au Canada. Il est actuellement professeur à temps partiel à l'Institut d'Études Politiques (Sciences Po) à Paris. M. Martin a publié dans des revues spécialisées de nombreux articles sur des sujets touchant l'économie du travail et le commerce international, et il a également écrit et révisé plusieurs ouvrages dans ces domaines.
Riel Miller , dès le début de sa carrière en 1982, au Département des affaires économiques et des statistiques de l'OCDE, M. Miller s'est attardé à définir les moyens par lesquels la politique publique pouvait influer sur les changements des conventions profondément enracinées régissant la vie quotidienne. Au début de 1995, M. Miller est retourné travailler à temps plein pour l'OCDE aux Forums sur l'avenir dans le cadre du Programme sur l'avenir à long terme. Il a à ce titre participé de très près aux travaux liés à L'école de demain entrepris par le Centre pour la recherche et l'innovation dans l'enseignement de l'OCDE. De nationalité canadienne, M. Miller a obtenu un doctorat en économie de la New School for Social Research, à New York, ainsi qu'une maîtrise en pensée sociale et politique de l'Université York, à Toronto, et un baccalauréat spécialisé en économie et science politique de l'Université Carleton, à Ottawa.
Neil Nevitte enseigne les sciences politiques à l'Université de Toronto. Ses recherches portent sur l'opinion publique et le comportement électoral. Il a par ailleurs participé à l'Étude sur l'élection canadienne et dirigé le volet canadien des Enquêtes mondiales sur les valeurs . Parmi les dernières publications de M. Nevitte, mentionnons : Nouvelles valeurs et gouvernance au Canada (2002; éditeur); Anatomy of a Liberal Victory (2002; écrit en collaboration avec André Blais, Elisabeth Gidengil et Richard Nadeau); Unsteady State: The 1997 Canadian Election (2000); Political Value Change in Western Democracies (1998) et The Decline of Deference (1996). M. Nevitte détient un doctorat de l'Université Duke.
Douglas Norris assume actuellement les fonctions de directeur général, Direction de la statistique démographique et du recensement à Statistique Canada. M. Norris a aussi occupé divers postes au sein de Statistique Canada au cours des vingt cinq dernières années. Il est également professeur adjoint à l'université de Carleton et à l'université d'Alberta et membre de l'Institute for Social Research à l'université York. M. Norris est né à Montréal et a obtenu un baccalauréat et une maîtrise en sciences de l'Université McGill et un doctorat de l'Université Johns Hopkins à Baltimore.
Ratna Omidvar est directrice générale de la Maytree Foundation, une œuvre de bienfaisance privée vouée à la justice sociale et à la réduction de la pauvreté. Mme Omidvar est membre du comité directeur de la Toronto City Summit Alliance (TCSA), une coalition de plus de 40 dirigeants communautaires. Mme Omidvar est administratrice de Fondations philanthropiques Canada, siège au conseil d'administration de la Toronto Community Foundation et a été administratrice de la Fondation Laidlaw pendant huit ans. Mme Omidvar agit à titre de conseillère du programme de gestion du secteur bénévole de l'Université York et a été nommée membre honoraire du Centennial College en 2003. En octobre 2003, le premier ministre désigné de l'Ontario, Dalton McGuinty, a nommé Mme Omidvar membre du conseil consultatif sur la transition, qui donne des conseils sur les pratiques exemplaires en matière de mise en œuvre de la politique et sur la désignation de personnes et de ressources qui pourraient faciliter le processus de transition du nouveau gouvernement provincial.
Robert D. Putnam est titulaire de la chaire Peter et Isabel Malkin de politique publique à Harvard, où il donne des cours au baccalauréat, à la maîtrise et au doctorat. Il est membre de la National Academy of Sciences, Fellow of the British Academy et président sortant de l'American Political Science Association. Originaire d'une petite ville du Midwest américain, M. Putnam a étudié à Swarthmore, Oxford et Yale. Il a été doyen de la Kennedy School of Government, à Harvard. Il a fondé le Saguaro Seminar: Civic Engagement in America , un programme regroupant des spécialistes et des théoriciens reconnus dans le cadre d'un débat échelonné sur plusieurs années et visant à susciter des idées concrètes pour renforcer la connectivité civique. Il a écrit une dizaine de livres, traduits dans plus d'une dizaine de langues, y compris les succès Bowling Alone: The Collapse and Revival of American Community (2000) et, récemment, Better Together: Restoring the American Community , une étude sur des formes prometteuses de connectivité sociale. Il mène actuellement des recherches sur les difficultés liées à la formation de communautés dans une société de plus en plus diversifiée.
Brian Ray , Ph.D., son travail au Migration Policy Institute (MPI), à Washington, porte sur l'établissement des immigrants, l'intégration et les politiques publiques dans les villes nord-américaines. Ses projets de recherche comprennent le logement des immigrants et leurs conditions d'emploi, les réseaux sociaux des femmes immigrées, la ségrégation, ainsi que l'élaboration de pratiques fondées sur la race ou racistes. Parmi ses autres secteurs d'intérêt, mentionnons le risque civil et la justice sociale, les moyens socioculturels des quartiers pour les groupes marginalisés, la problématique homme-femme, ainsi que la planification urbaine. Avant de se joindre à l'équipe du MPI, en mars 2002, M. Ray a travaillé pour le gouvernement canadien à titre d'analyste principal dans le cadre du projet Metropolis et pour Politique, planification et recherche stratégiques, au sein du ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration. De 1992 à 2000, M. Ray était membre du corps enseignant de l'Université McGill, à Montréal. Il détient un doctorat en géographie de l'Université Queen's (Kingston), pour lequel il a présenté un mémoire sur l'immigration, le racisme et les politiques publiques dans le Toronto d'après-guerre.
Sue Richardson est titulaire d'un doctorat de l'Université La Trobe. Avant d'occuper les postes de professeure d'économique du travail et de directrice du National Institute of Labour Studies, elle était professeure agrégée à l'école d'économie de l'Université d'Adélaïde. Elle est membre de l'Académie des sciences sociales en Australie, de la direction de cette organisation et de son comité de recherche. Mme Richardson a occupé des postes divers à l'université et ailleurs. Elle a notamment fait partie de comités d'orientation chargés de conseiller les ministres des gouvernements de l'Australie-Méridionale et du Commonwealth sur les changements technologiques et la politique en matière d'énergie. De 1995 à 1997, elle a assumé les fonctions de commissaire adjointe à temps partiel de la commission de l'industrie (celle-ci, maintenant appelée commission de la productivité, était le principal organe consultatif du trésorier du Commonwealth concernant les stratégies permettant d'améliorer l'efficience de l'économie australienne).
Shamit Saggar exerce des fonctions diverses : chercheur, analyste de politique, conseiller en politique, commentateur pour les médias et chargé de la réglementation. Il s'intéresse tout particulièrement à la politique publique fondée sur des données probantes et à l'apprentissage, à l'emprunt, au transfert et à l'innovation en matière de politique. M. Saggar a des connaissances théoriques et pratiques poussées dans les domaines suivants : migration, politique électorale, pluralisme ethnique, capital social, exclusion sociale, extrémisme religieux, marchés du travail et réglementation. M. Saggar a fourni à titre de consultant des conseils et des analyses en matière de politique à un vaste éventail d'organismes : la Hansard Society for Parliamentary Government, Age Concern England, la Commission for Racial Equality, le Foreign and Commonwealth Office Know-How Fund, le ministère du grand chancelier, la BBC, l'entreprise Carlton Television, le ministère danois de l'intégration, le ministère néerlandais des affaires sociales, etc. M. Saggar est détaché de la Queen Mary, University of London, où il est chargé de cours en science politique. Il est titulaire d'un doctorat en gouvernement de l'Université d'Essex.
Thomas Sander a reçu son doctorat en droit de Harvard, ainsi que son baccalauréat ès arts de l'Université Brown. Depuis la création du programme Saguaro Seminar: Civic Engagement in America , en 1995, il en est le directeur général. Ce programme de la John F. Kennedy School of Government, à Harvard, regroupe des spécialistes et des théoriciens reconnus dans le cadre d'un débat échelonné sur plusieurs années et visant à susciter des idées concrètes pour renforcer la connectivité communautaire . Il a en outre été gestionnaire de projet pour la Social Capital Community Benchmark Survey, en plus d'avoir participé à deux enquêtes par panel sur le capital social après les attaques du 11 septembre. Il a participé à la gestion de l'équipe de recherche de Bowling Alone et fourni une rétroaction exhaustive pour chaque étape de l'élaboration de cet ouvrage. M. Sander est rédacteur du rapport Better Together (2000), qui décrit des stratégies prometteuses favorisant la remobilisation des Américains, en plus d'avoir rédigé, ou corédigé, une dizaine d'articles et d'ouvrages ayant trait au capital social.
Eileen Sarkar , avant sa nomination en avril 2002 au poste de sous-ministre adjointe, Citoyenneté et patrimoine elle a occupé un poste de sous-ministre adjointe, Arts et patrimoine pendant quatre ans. Mme Sarkar a occupé pendant cinq ans les fonctions de secrétaire adjointe, Secteur social et culturel, Secrétariat du Conseil du Trésor (1992-1998). En 1970, Mme Sarkar a obtenu un baccalauréat avec distinction en anglais de l'Université Carleton; en 1971, elle a obtenu une maîtrise en anglais (de La Sorbonne, et en 1978, elle a obtenu un doctorat en littérature comparative canadienne (français et anglais) de l'Université d'Ottawa en 1964. En 1998, Mme Sarkar a été nommée membre du Bureau des gouverneurs du Banff Centre.
Carolle Simard est professeur de science politique et d'administration publique à l'Université du Québec à Montréal. Elle est membre du réseau Metropolis et chercheur associé au Centre d'études ethiques des universités montréalaises (CEETUM). Ses travaux portent principalement sur la participation politique des groupes ethnoculturels et des minorités visibles de même que sur la question de leur représentation politique dans les instances parlementaires et décisionnelles. Mme Simard est l'auteur de livres, d'articles et de rapports de recherche portant sur la gouvernance publique, l'équité en matière d'emploi et la participation politique des groupes minoritaires. Parmi ses plus récentes publications, on compte notamment : La place de l'autre. Fonctionnaires et immigrés au Québec (Fides, 1998); La représentation des groupes ethniques et des minorités visibles au niveau municipal : candidats et élus (Rapport soumis au Conseil des relations interculturelles, Immigration et Métropoles, 2001); « Les élus issus des groupes ethniques minoritaires à Montréal : perceptions et représentations politiques, une étude exploratoire », (Politique et Sociétés, 2003).
Alain Théault se joint à la filière Immigration du Service extérieur en 1982. M. Théault a été affecté à Mexico, Bangkok, Koweït, Washington et au Guatemala. Depuis son retour à l'administration centrale du ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration (CIC) en 1994, il a été Directeur adjoint et Directeur intérimaire, Politique et coordination des opérations, membre du Groupe de travail sur la restructuration et la reconfiguration du Ministère, Directeur, Liaison internationale, Gestionnaire du Secrétariat du Groupe consultatif pour l'examen de la législation. Il a ensuite assumé les fonctions de Directeur général, Mise en œuvre de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés, et Directeur général, Priorités, planification et recherche.
Jean Tillie est directeur de programme à l'Institute for Migration and Ethnic Studies à l'Université d'Amsterdam. Il étudie l'intégration politique des immigrants dans les villes européennes. Son deuxième sujet de recherche est l'extrême droite en Europe. Il a écrit plusieurs livres dont Multicultural Policies and Modes of Citizenship in European Cities (édité avec Alisdair Rogers, Oxford University) et The Ethnic vote. Turnout and voting behavior of immigrants at local elections, 1986-1998 (en néerlandais).
Cynthia Williams a été nommée sous-ministre adjointe, Politique stratégique, à Développement des ressources humaines Canada (DRHC), le 23 janvier 2002. Avant de se joindre au Ministère, Mme Williams assurait la vice-présidence (Nouvelle-Écosse) de l'Agence de promotion économique du Canada atlantique depuis septembre 2000. Elle a occupé d'autres postes au niveau de sous-ministre adjointe, à la Commission de la fonction publique (Politique, Recherche et Communications) et au ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien (Politiques et programmes socio-économiques et Restructuration des programmes). Avant d'être nommée sous-ministre adjointe, Mme Williams a occupé divers postes cadres au sein de DRHC (Politique stratégique), du Bureau du Conseil privé (Priorités et planification) et du Centre canadien de gestion (Recherche). Mme Williams est titulaire d'un baccalauréat en science politique de l'Université de Victoria et d'une maîtrise en études politiques de l'Université Queen's. Dans le passé, elle a occupé le poste de présidente nationale du Forum pour jeunes canadiens, et elle est la prédécesseure de la présidente nationale de l'Institut d'administration publique du Canada.
Michael Woolcock (PhD, Brown) est un spécialiste en sciences sociales, associé au Groupe de la recherche sur le développement de la Banque mondiale et chargé de cours adjoint en politiques publiques de la Kennedy School of Government (Harvard). Sa recherche se fonde sur des théories et des méthodes interdisciplinaires et s'articule autour de deux grands thèmes : les institutions sociales et l'économie politique. Pour le premier thème, Michael Woolcock se sert du cadre du capital social pour comprendre les stratégies de survie et de mobilité des moins nantis; le second porte sur le rôle des gouvernements et des organisations de la société civile dans la gestion des transitions de l'économie. Sous l'égide de l'American Academy of Arts and Sciences, il termine un livre de portée générale sur le capital social et le développement économique, qui sera publié chez Princeton University Press. Il bénéficie également d'une subvention de la Ford Foundation pour un livre en coédition sur diverses expériences de l'intégration du capital social dans la conception et l'évaluation d'importants projets de développement.
Les documents suivants sont disponibles sur le site web du PRP <www.recherchepolitique.gc.ca> .
Meyer Burstein
Gérer l'immigration et la diversité : les arguments à l'appui d'une politique de capital social
Projet de recherche sur les politiques
Sommaire de la conférence
Vous pouvez accéder aux présentations disponibles sur le site web du PRP en cliquant sur le nom du conférencier inscrit dans le programme de la conférence.
Projet de recherche sur les politiques
Document d'information de la conférence
Robert Judge
Le capital social : établir les fondements de la recherche et de l'élaboration de politiques
Peter Li
Capital social et résultats économiques des immigrants et des minorités ethniques
Yvonne Hébert, Eugene Kowch et Shirley Xiaohong Sun
Mettre l'accent sur les enfants et les jeunes : le capital social et les résultats scolaires dans le contexte de l'immigration et de la diversité
Brian Ray
Le rôle des villes dans l'intégration des immigrants
Jean Tillie
C apital social et intégration politique des immigrants
John Helliwell
Im migration et capital social : synthèse des questions de fond
organisée par
Projet de recherche sur les politiques
Organisation de coopération et de développement économiques
directeur du projet du PRP
Jeff Frank
chefs de la conférence du PRP
Catherine Demers, agente principale de recherche en politiques
Jean Lock Kunz, agente principale de recherche en politiques
Coordinatrices du PRP
Lori Brooks, Analyste
Sandra Franke, Analyste
Dominique Hansen-Vigier, Adjointe administrative
Johanne Valcourt, Agente de projet
Chef de l'OCDE
Sylvain Côté, OCDE
Nous désirons remercier nos partenaires pour leur précieuse collaboration :
Citoyenneté et immigration Canada,
Commission du droit du Canada,
Condition féminine Canada,
Développement des ressources humaines Canada,
Patrimoine canadien, et
Statistique Canada
Le Centre canadien de gestion a géré l'organisation de la conférence pour le Projet de recherche sur les politiques. |